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Love brings love, Alber Elbaz au palais Galliera.

Posté le 06 mars 2022 dans 06 mars 2022 dans Billets

Love brings love, Alber Elbaz au palais Galliera.

Aujourd’hui ouvre la nouvelle exposition du Palais Galliera, consacrée au défilé hommage à Alber Elbaz : Love brings love.

Ce défilé, organisé par AZ Factory, la maison du couturier, le 5 octobre 2021, a réuni les créations de 46 designers de mode. Ils ont tous créé un look inspiré par Alber Elbaz. Il peut s’agir de ses caractéristiques stylistiques : son goût pour les couleurs, les volumes faciles à porter, les cœurs, les bords francs etc. Mais aussi des pièces inspirées de ses propres créations ou encore une référence à son humour ou à sa bienveillance.

Balenciaga par DEMNA, cape en taffetas de nylon rose vif, volume maximal en limitant les coutures dans une couleur favorite du couturier. Photo@Defilenarchive

Qui est Alber ?

Bras droit du couturier  Geoffrey Beene à New-York, il a aussi réussi à redonner vie à la maison Guy Laroche et ses plissés subtils. Il succède à Yves Saint Laurent à la tête de la ligne Rive Gauche au départ de celui-ci. Il a ensuite remis la maison Lanvin dans la lumière pendant de nombreuses années. En 2019, il crée, après plusieurs années de retrait, AZ Factory, sa propre maison. Elle valorise le corps féminin, toutes les morphologies et le mouvement. Conscient de la très forte pollution liée à l’industrie textile, il bannit les cuirs animaux et utilise des polyesters recyclés. La silhouette est très féminine et permet d’aller du début à la fin de la journée sans se changer (dans le même esprit que Gabrielle Chanel en son temps).  Si la maison a été créée en 2019, la première collection a été présentée en 2021.

AZ Factory par Alber ELBAZ, robe noire en maille Anatoknit dont la technologie permet de modeler sans contraindre, longue chaine à glissière dans le dos pour ouvrir sa robe seule.
Photo @Defilenarchive

L’exposition et la scénographie

L’aire du musée a été organisée en 3 espaces. Il s’agit de mettre le visiteur dans l’ambiance de ce défilé hommage en présentant toutes les créations sur un podium de gros confettis noirs et rouges, identiques à ceux de la fin du défilé. Les modèles sont présentés dans les deux salles principales, avec à chaque fois deux écrans en hauteur qui permettent de voir les looks défiler et d’être plongé dans l’atmosphère sonore si particulière de cet événement. L’effet est très réussi, sans mise à distance des pièces et à hauteur de spectateur (à la différence de l’expo Gaultier du Grand Palais). Autre dispositif très appréciable, chaque robe est accompagné d’un très grand cartel développé avec le nom de la maison et de son créateur, une anecdote si le couturier le souhaite, un croquis quelquefois, les détails techniques du vêtement et un QR code qui fonctionne très bien et permet d’avoir accès à des photos, et éventuellement une interview du designer. Les informations sont différentes de celles fournies par le cartel. Loin d’être un gadget c’est pour moi une médiation réussie qui permet en plus de retrouver le modèle sur son téléphone après l’exposition.

Dans la 3e pièce, une courte biographie permet d’approfondir de mieux connaître les créateurs invités. Certains sont connus, d’autres moins, l’information est judicieuse.

Vue de la deuxième salle d’exposition
Photo @Defilenarchive

Iris Van Herpen en collaboration avec ADOBE Photo @Defilenarchive

Les campagnes de publicité

Une petite salle présente l’installation d’une jolie robe jaune animée par un ventilateur. Elle symbolise et accompagne les visuels réalisés par Alber Elbaz en particulier pour Lanvin avec le photographe Steven Meisel.

La biographie d’Alber

Quelques dates-clés font écho à un grand mood board animé pour s’imprégner de l’univers du créateur. Encore une section efficace et lisible très agréable. De nombreuses citations parsèment les murs avec humour.

Photo @Defilenarchive

Cette exposition m’a plus émue que je n’aurai cru. La scénographie, les anecdotes des créateurs souvent touchantes et la beauté de certaines pièces brossent un portrait sensible du couturier mort à 59 ans. Il avait une réputation de gentillesse et d’humour qui se retrouvent ici.  C’est un hommage délicat qui donne en plus un instantané des créateurs de mode de 2022. La mode d’Alber Elbaz était  joyeuse, colorée, raffinée et libre. Son équipe lui rend hommage dans le dernier look du défilé en soulignant ses qualités.

Love brings love, Palais Galliera jusqu’au 10 juillet 2022

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Swedish Fashion Goes Paris : à la découverte de la mode suédoise !

Posté le 06 oct. 2014 dans 06 oct. 2014 dans Billets

Swedish Fashion Goes Paris : à la découverte de la mode suédoise !

A l’institut suédois à Paris se tient une exposition pour découvrir l’essence même de la mode suédoise. Quand on pense Suède, on visualise évidemment des marques comme H&M ou COS (même groupe) ou des matières brutes, le jean omniprésent (Acne) et des matières chaudes, du jacquard, des semelles de bois traditionnelles (Kerstin Adolphson) et de ravissants bracelets en cuir de renne. Eh bien dans cette exposition on enrichit sensiblement notre vision.

L’exposition est tirée de celle qui s’est tenue à Stockholm cet été au Sven-Harry’s Art Museum, orchestrée par Cia Jansson du Elle Suède et Michael Elmenbeck. L’exposition est courte, mais percutante. Chaque pièce représente presque un manifeste à elle seule.

La photographie

 

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Johan Sandberg, paysage ©Defilenarchive

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Johan Sandberg, photo ©Defilenarchive

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Johan Sandberg ©Defilenarchive

La photo de mode suédoise est intrinsèquement liée aux paysages, et à un sentiment de tranquillité. Cependant il ne faut pas s’y fier, car la nature dans les clichés de Johan Sandberg agit comme une toile de fond, muette. Son rapport à la lumière est directement lié à l’importance de celle-ci en Suède (journées sans fin ou au contraire nuits très longues). Il joue avec les ombres et les différentes nuances de gris, mettant ainsi en valeur les expressions personnelles de ses sujets.

Dans les œuvres présentées, ce qui domine c’est une esthétique très froide, mais avec une lumière maîtrisée qui nimbe et ne découpe pas les sujets. Ils sont mis en avant avec subtilité, sans optimisme mais avec précision.

L’artisanat et le savoir-faire

 

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© Bea Szenfeld, collection Sur la plage, bustier en sequins géants porté par Björk.

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Sandra Backlund, top en laine et mohair, tricoté main, printemps 2007 photo ©Defilenarchive

Dans les années 2000, les créateurs suédois comme Sandra Backlund, Bea Szvenfeld ou Fifth Avenue Shoe repair remettent l’artisanat à l’honneur. Les créations sont souvent des pièces uniques, ce qui permet un travail très élaboré sans contrainte de production. Les matières les plus variées sont alors choisies : papier, laine, métal, paillettes. Tout est bon pour créer des œuvres très graphiques. Il s’agit d’utiliser les techniques traditionnelles pour un résultat innovant. La laine devient sculpture, le papier est utilisé comme un savant origami géant à mi-chemin entre la plume et la représentation d’une molécule, les sequins créent une cuirasse de pastilles brillantes.

Le volume

©Defilenarchive

Bea Szenfeld robe de papier, 2014, créée exclusivement pour l’exposition Swedish fashion 2000-2015 ©Defilenarchive

Cette profusion de techniques et d’amoncellements conduit naturellement à une autre évidence : la mode suédoise aime le volume. Les vêtements ne cherchent pas à magnifier une ligne ou une courbe, ils en créent de nouvelles ! Le corps disparaît, enveloppé, support d’une allure inédite. Tricot, papier, sont autant de petits modules qui semblent proliférer harmonieusement mais indépendamment du vêtement lui même. C’est particulièrement vrai pour le travail de Sandra Backlund, gagnante du Festival de Hyères en 2007.

@Defilenarchive

Sandra Backlund, top en origami fait à la main, papier, AH 2007 ©Defilenarchive

Les couleurs

 

©Johan-Sandberg

©Johan-Sandberg

 

Dans la mode suédoise, on trouve aisément du blanc, du noir, toute une palette de teintes sourdes et quelquefois des explosions de couleurs vives: un rouge incandescent, un rose tyrien, un jaune éclatant. Dans les exemples de l’exposition c’est surtout l’équation une pièce = une couleur. Ca brille sans être clinquant. Les pièces sont fortes, graphiques et parfois agressives. Elles ne laissent pas indifférent.

Le vestiaire masculin/féminin

 

©-Benjamin-Vnuk

Les créateurs pour le prêt à porter, privilégient une approche mixte (pas pour tout bien sûr…). Beaucoup de vestes, de chemises, de pantalons cigarettes, de boots et de chaussures inspirées du vestiaire masculin. L’idée reste de mélanger le meilleur des deux, de mélanger les formes et d’obtenir un nouveau répertoire.

L’exposition

Si ne vous connaissez pas l’institut suédois, c’est l’occasion de programmer une petite balade dans le Marais. Le lieu est superbe, l’hôtel de Marle abrite entre autre une cour intérieure et un jardin.

Institut suédois, façade vue du jardin ©defilenarchive

Institut suédois, façade vue du jardin ©defilenarchive

La scénographie se présente comme une grande vague d’ardoise noire, ponctuée de mannequins. Seuls le nom du créateur et la date du vêtement exposé sont écrits directement à la craie sur le socle. Pas de vitrine pour protéger les œuvres (comme pour l’exposition sur les années 50 à Galliera). Les photos et les illustrations répondent en contre-point. Une vidéo du Beckman’s College of Design complète le dispositif.

©Defilenarchive

©Defilenarchive

A ne pas manquer non plus les nombreuses illustrations exposées (en particulier dans la montée d’escalier). Elles témoignent de la richesse de techniques employées, avec beaucoup de dessins et d’aquarelles, qui montrent la vivacité de la création suédoise.

©-Lovisa-Burfitt

©-Lovisa-Burfitt

Exposition visible à l’Institut Suédois jusqu’au 19 octobre 2014 11 rue Payenne, 75003 (métro Saint Paul) https://paris.si.se/ Plusieurs activités sont proposées autour de l’exposition.

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Mettre en lumière le patrimoine unique des marques de luxe : des trésors à redécouvrir