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Galliera, le souffle des années 50

Posté le 29 sept. 2014 dans 29 sept. 2014 dans Billets

Galliera, le souffle des années 50

Il y a des expos dont les sujets sont alléchants et c’est un vrai bonheur de les découvrir. L’expo de Galliera fait partie de celles-ci. Quand on entend années 50, on voit très vite une jupe ample, une taille fine et marquée, le New-look de Christian Dior. C’est aussi une envie d’élégance, de nouvelles expériences, une période joyeuse due au contexte historique.

  Eh bien cette exposition permet vraiment de ressentir ce souffle de vie.   La scénographie est très agréable. On retrouve un parfait équilibre en photos, vêtements et accessoires. Les vitrines sont variées. Le mur de couvertures de « ELLE », est une constante cette année (Dries Van Noten, Dior et la photographie et bien sûr papier glacé).

Scénographie de l’exposition « Les Années 50 » © Pierre Antoine

Scénographie de l’exposition « Les Années 50 »
© Pierre Antoine

 

Les cartels sont larges et explicatifs ce qui est un vrai plus. Une attention que j’apprécie particulièrement à Galliera, c’est le soin apporté à nommer non seulement les photographes des clichés, mais aussi le plus souvent possible les mannequins. Manière subtile de ne pas les cantonner à un rôle subalterne.

 

De cette période faste, on redécouvre les différentes tendances, la spécificité des couturiers. Ainsi on découvre que Jacques Fath avait en genèse la silhouette féminine mise en avant par le New-Look. Carven revendique la création pour les femmes petites et menues. Elle assimile les codes de la silhouette en vogue, mais la retravaille dans une esthétique différente.

Jacques Heim, P/E 1951 / Alwynn, vers 1950 / Carven, P/E1951 Collection Palais Galliera © Gregoire Alexandre

Carven, P/E 1951 / Alwynn, vers 1950 / Jacques Heim, P/E1951 Collection Palais Galliera
© Gregoire Alexandre

Hubert de Givenchy, dont la maison ouvre en 1952, est alors un jeune homme audacieux et espiègle qui joue avec les tissus en collaboration avec Brossin de Méré. La robe a imprimé petits pois en est un exemple emblématique.

Givenchy, P/E 1950 / Paul Daunay, 1952-1957 Collection Palais Galliera © Gregoire Alexandre

Givenchy, P/E 1950 / Paul Daunay, 1952-1957 Collection Palais Galliera
© Gregoire Alexandre

Scénographie de l’exposition « Les Années 50 » © Pierre Antoine

Scénographie de l’exposition « Les Années 50 »
© Pierre Antoine

La codification des vêtements pour la journée et pour le soir est encore très présente : robe d’après-midi, de cocktail, du soir… C’est aussi le début des robes de plage et de campagne, qui perdent en rigidité et se laissent aller un une allure marine, évoquant le souffle de la liberté. Le contre pied de ce répertoire très codifié vient de Gabrielle Chanel.

Toutes ces tendances sont développées. Le clou de l’exposition reste tout de même la place laissée aux robes du soir.

«Les robes du soir sont le luxe des couturiers. Ils y mettent toute leur fantaisie. Elles représentent environ un dixième des modèles de la collection»

Paris Match, édition du 02/09/1950

Pour cette seconde partie, le parti-pris est de ne présenter que quelques robes à la fois, permettant de ne pas avoir l’œil noyé par l’abondance. Des débuts d’Yves saint Laurent chez Dior avec la robe courte « Aurore », aux silhouettes incroyable de Grès (comme la robe bustier drapée en velours de soie changeant) et Balmain, l’émerveillement atteint son paroxysme avec les robes de Christian Dior.

Dior par Yves Saint Laurent, robe du soir "Aurore", P/E1958. Faille de soie de Lajoinie. © Eric Emo / Galliera / Roger-Viollet

Dior par Yves Saint Laurent, robe du soir « Aurore », P/E1958. Faille de soie de Lajoinie.
© Eric Emo / Galliera / Roger-Viollet

Christian Dior (Boutique), 1953-1954 / Jacques Fath, vers 1947 / Grès, A/H 1956 Collection Palais Galliera © Gregoire Alexandre

Christian Dior (Boutique), 1953-1954 / Jacques Fath, vers 1947 / Grès, A/H 1956 Collection Palais Galliera
© Gregoire Alexandre

 

 

 

 

 

 

 

 

Robes bustiers, broderies d’inspiration XVIIIe, chaque pièce est un émerveillement.   On parcourt cette expo comme une parenthèse où la féminité, la couleur, le sens du détail sont à mis en valeur.

Scénographie de l’exposition « Les Années 50 » © Pierre Antoine

Scénographie de l’exposition « Les Années 50 »
© Pierre Antoine

A voir avec bonheur jusqu’au 2 Novembre 2014

http://www.palaisgalliera.paris.fr

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Dries Van Noten, une lucarne dans la tête d’un créateur

Posté le 26 mars 2014 dans 26 mars 2014 dans Billets

Dries Van Noten, une lucarne dans la tête d’un créateur

 

       Au musée de la mode et du textile se tient une expo qui permet à tous de comprendre l’origine d’une collection de mode. Un tableau, une vidéo, un film, un papillon : les sources sont innombrables et dépendent de l’imaginaire de chacun. Dans le cas de Dries VAN NOTEN tout l’enjeu de la scénographie a été de nous immerger dans sa tête, comme si nous avions la possibilité pendant quelques heures de suivre les mécanismes de sa création.

       Chaque vitrine est conçue comme une petite cellule sur un rayonnage de la mémoire. La muséographie nous immerge dans des espaces clos et recouverts entièrement soit de mots et d’anciennes photos de presse (pour la partie contexte), soit de la magnifique œuvre commandée pour l’exposition  de l’artiste Azuma MAKOTO.  On a alors l’impression de se promener dans un jardin luxuriant. Ce thème revient souvent dans les références de Dries.  Du costume de lapin un peu fou de Cecil Beaton, aux broderies de Schiaparelli, en passant par le treillis militaire. 

Exposition Dries Van Noten, Inspirations (c) Les Arts Décoratifs, Paris.  Photo : Luc Boegly

Exposition Dries Van Noten, Inspirations (c) Les Arts Décoratifs, Paris.
Photo : Luc Boegly

    Le rez-de-chaussée est lui plongé dans le noir, permettant de se concentrer sur chaque installation. Les vidéos de défilés font partie prenante de l’exposition et sont projetées sur les vitrines. C’est le cas aussi pour le film la leçon de piano de Jane Campion ou la Vierge à l’enfant de Fouquet (conservée au musée royal d’Anvers, trop fragile pour être transportée ?). 

     Une autre idée judicieuse est de répéter les cartels de part et d’autre d’un thème. Les spectateurs ont ainsi le loisir de revenir sur un détail sans allers retours. Ne pas avoir de support écrit sous les mannequins est intéressant pour la perception des vêtements. Le spectateur n’est pas guidé, il doit réfléchir seul,  se laisser surprendre, s’appuyer sur sa propre perception.

    La grande originalité des Arts déco est de pouvoir rassembler dans un seul espace un portrait de  Bronzino, l’incroyable vidéo des trichoptères et leurs cocons d’or d’Hubert Duprat, le polo en faïence de Lacoste Héritage et Rapture de Damien Hirst. Le créateur a sûrement réalisé un rêve généralisé : changer son mur de cartes postales ou son Pinterest contre un vrai musée personnel.

Exposition Dries Van Noten, Inspirations (c) Les Arts Décoratifs, Paris.  Photo : Luc Boegly.

Exposition Dries Van Noten, Inspirations (c) Les Arts Décoratifs, Paris.
Photo : Luc Boegly.

     Dries Van Noten est un couturier très attaché aux arts appliqués, en particulier les broderies qu’il fait réaliser en Inde, mais aussi une multitude d’accessoires ornés comme les chaussures. Il crée pour la femme et l’homme pour lequel il apporte son savoir faire et une touche d’excentricité très aristocratique.

Exposition Dries Van Noten, Inspirations (c) Les Arts Décoratifs, Paris.  Photo : Luc Boegly.

Exposition Dries Van Noten, Inspirations (c) Les Arts Décoratifs, Paris.
Photo : Luc Boegly.

      Cette exposition m’apparaît d’une grande richesse émotionnelle, à l’image du créateur. Elle raconte admirablement la diversité d’un goût et les nombreuses sources qui lui permettent de se nourrir et d’évoluer. Dans son entretien avec Pamela Golbin, le créateur annonce clairement que cette exposition n’est en aucun cas une rétrospective. Je l’ai vraiment perçue ainsi. Même si on retrouve bien évidemment des caractéristiques de son style, on est surtout plongé dans l’intimité de Dries Van Noten.

A noter la dernière partie  de l’exposition qui présente la collection 2014 pour laquelle le créateur anversois a travaillé sur les réserves du musée de la mode et du textile : une manière de boucler l’inspiration…

Dries Van Noten, huile sur toile, 2009, Aurélie Galois

Dries Van Noten, huile sur toile, 2009, Aurélie Galois

Musée de la Mode et du Textile

Dries Van Noten Inspirations

Jusqu’au 31 Août 2014

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Mettre en lumière le patrimoine unique des marques de luxe : des trésors à redécouvrir