Posts Tagged "art déco"

Be coworking, le bureau alternatif

Posté le 17 févr. 2015 dans 17 févr. 2015 dans Billets

Be coworking, le bureau alternatif

Quelquefois quand on a une petite structure d’entreprise, même avec beaucoup de bonne volonté, on a besoin de changer de cadre pour travailler. Ce n’est pas nouveau, et c’est même plutôt une vraie tendance à l’heure actuelle. Une multitude d’espaces de coworking s’ouvrent. J’avais testé l’année dernière  Soleilles cowork , créé par des Essec au féminin, dans le quartier de la Bourse. Un bel espace coloré qui organise des conférences et crée une petite communauté. Cependant je m’aperçois qu’un tel lieu, s’il n’est pas très proche de chez soi, n’est pas un réflexe.

Be coworking

Et c’est là qu’une sympathique équipe vient de trouver une solution : l’ouverture de Be Coworking, dans le quartier des Epinettes, à Paris !

BeCoworking a investi les anciens bureaux d’une agence de pub. Le résultat est superbe : 120 postes de travail divisés en places fixes, flexibles et même à l’heure. Salles de réunions, espace détente, cuisine et une plage en sous-sol ! si, si ! Une salle permet même d’accueillir une compagnie de danse ou de théâtre, une autre peut servir de studio photo, et d’autres encore deviendront des studios d’enregistrement.

La plage ©De fil en archive

La plage ©De fil en archive

©De fil en archive

©De fil en archive

 

L’ambiance ?

Mobilier et couleurs scandinaves, atmosphère qui rappelle celle la boutique Merci : de quoi travailler dans de vraies bonnes conditions. L’espace a été aménagé par Sarra Mami pour l’architecture et Zoé de la Cases pour l’agencement. Eh oui, c’est plus agréable de taper sur son ordinateur dans une ambiance de magazine déco.

@De fil en archive

@De fil en archive

 

Le lieu est tout neuf, mais se promet de créer un véritable écosystème. Mettre en relation les co workers, étudiants, free-lances, artistes qui se retrouvent ici, s’insérer dans un véritable réseau social de quartier, proposer des conférences, bref créer de la vie.

Inauguration @De fil en archive

Inauguration @De fil en archive

Tous les renseignements sont à retrouver sur leur site. Et si vous passez rue de la Jonquière, une seule chose à faire : entrer ! Be coworking  60 rue de la Jonquière 75017 Paris

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Sonia Delaunay : explosion de couleur et de joie

Posté le 09 févr. 2015 dans 09 févr. 2015 dans Billets

Sonia Delaunay : explosion de couleur et de joie

Au musée d’art moderne de Paris se tient une exposition immanquable sur l’œuvre de Sonia Delaunay. Plus de 400 œuvres qui illustrent sa carrière entière. L’exposition met en place un parcours chronologique qui permet de s’immerger dans son œuvre.

Sonia Delaunay est russe et cette dimension fait partie intégrante de son art.

Influences

L’importance des fauves et de Gauguin dans certains tableaux est très forte avec déjà des aplats de couleurs. On admire aussi de très beaux portraits dont les seuls rehauts sont donnés par du blanc en petit touche, non sans rappeler des influences très classiques de Dürer.

Sonia Delaunay Nu Jaune, 1908 Musée des Beaux-arts de Nantes © Pracusa 2013057

Sonia Delaunay
Nu Jaune, 1908 Musée des Beaux-arts de Nantes
© Pracusa 2013057

Simultanisme et abstraction

A partir de 1912, c’est le début de l’abstraction et l’œuvre de Sonia Delaunay se décline alors sur une multitude de supports. Elle expérimente librement le tissu, inclue la poésie dans ses toiles ou travail pour la publicité. Un très bel exemple de cette recherche est la couverture de berceau de son fils Charles, patchwork de tissus satinés dans lequel on peut imaginer une tour Eiffel. Le coffre à jouet reprend aussi cette abstraction colorée. Cette diversité correspond à l’envie de coller avec l’esprit du temps.

Sonia Delaunay 1911, MNAM © Pracusa

Sonia Delaunay
1911, MNAM © Pracusa

La danse

Le couple aime la danse, et s’intéresse aux nouveautés latines, comme le tango. Il faut regarder le bal Bullier de près puis de loin pour voir apparaître les couples enlacés, les globes électriques irradiants la lumière. C’est aussi le moment ou Sonia crée des vêtements simultanés, gilet pour Robert Delaunay et robe pour elle, une manière de promouvoir leur art directement vers les autres lors de leurs sorties. En 1918, le couple crée pour Diaghilev et les ballets russes les costumes et décors de Cléopâtre. C’est un succès. Le vêtement et le costume font partis intégralement de l’œuvre de Sonia Delaunay.

(Malheureusement pas de reproductions autorisées, il faudra se rendre sur place)

L’atelier du 19 boulevard Malesherbes

1921 marque le retour définitif des Delaunay à Paris. C’est aussi le début de la maison de couture. Dans son appartement atelier, l’artiste crée des vêtements, des motifs de tissus, fait broder et tricoter des pièces par des ouvrières russes.

Studio REP, 1925 © Pracusa 2013057 © BNF Robert mallet-Stevens © Adagp, Paris 2014 Jacques Heim © DR

Studio REP, 1925
© Pracusa 2013057
© BNF
Robert mallet-Stevens © Adagp, Paris 2014 Jacques Heim © DR

Les codes graphiques des arts décoratifs explosent : chevrons, escaliers, lignes brisées. Comme à son habitude la créatrice expérimente les matériaux et les techniques : tenues de plages, manteaux en laine aux teintes dégradées, ravissantes chaussures au point hongrois… La salle des tissus est impressionnante de diversité, de couleurs bien sûr et de modernité. Sonia Delaunay avait fait un don conséquent en 1977 de ses échantillons de tissus et archives photographiques à la Bibliothèque national de France, ainsi qu’au musée de l’impression sur étoffe de Mulhouse.

Sonia Delaunay Broderie de laine Collection particulière © Pracusa

Sonia Delaunay
Broderie de laine
Collection particulière
© Pracusa

Monumental

Les œuvres présentées au musée d’art moderne sont représentatives de la diversité des expériences de l’artiste. C’est l’occasion de voir aussi les trois grands décors muraux du Palais de l’Air de l’exposition internationale des arts et techniques, présentés pour la première fois à Paris depuis 1937. Ces très grands panneaux nous immergent dans une sensation jubilatoire de démesure et de vitesse. Conçue sur les plans de Félix Aublet, la coupole du Palais de l’Air, entièrement transparente, permet au visiteur d’apercevoir de l’extérieur, de jour comme de nuit, les orbes en Rhodoïd colorés et la spirale de la passerelle intérieure entourant un avion en suspension.

7Sonia Delaunay, Exposition Internationale des Arts et Techniques, Paris 1937 © Pracusa 2013057 © Skissernas Museum, Lund, Sweden/Emma Krantz

7Sonia Delaunay, Exposition Internationale des Arts et Techniques, Paris 1937
© Pracusa 2013057
© Skissernas Museum, Lund, Sweden/Emma Krantz

 

Salles grises ou blanches, malgré l’importance des visiteurs le parcours est assez fluide. Certaines vitrines basses font offices de séparation d’une pièce à l’autre, permettant de revenir sur certains sujets.

Après la mort de Robert Delaunay en 1941, son épouse réinvente encore un langage, une autre abstraction et pousse ces expériences de couleurs en changeant d’effets. L’utilisation de la gouache donne un aspect brut à ses compositions.

9Sonia Delaunay Rythme Couleur, 1964, © Pracusa 2013057 © Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris / Roger-Viollet

9Sonia Delaunay
Rythme Couleur, 1964,
© Pracusa 2013057
© Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris / Roger-Viollet

Cette exposition retrace magnifiquement le caractère ouvert et polymorphe de cette artiste, fascinée par la couleur et qui en véritable touche à tout, sait se renouveler tout au long de sa vie.

8Sonia Delaunay Composition pour jazz, 2e série, No F 344

Sonia Delaunay
Composition pour jazz, 2e série, No F 344″,Paris 1952
© Pracusa 2013057
© Courtesy Natalie Seroussi et Galerie Zlotowski, Paris

Musée d’art moderne de la ville de Paris Jusqu’au 22 Février Présentée à la Tate Modern de Londres du 15 avril au 9 août 2015. A noter le flipbook pour voir les oeuvres de chez soi ainsi que la reconstitution du Palais de l’air :

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[on parle de nous] chez Paris sur un fil

Posté le 20 mars 2014 dans 20 mars 2014 dans Billets

[on parle de nous] chez Paris sur un fil

Les groupes des réseaux sociaux recèlent parfois de très bonnes surprises. On y découvre des gens passionnés et ça donne de jolies rencontres. Paris sur un fil a décidé de m’interviewer. Exercice nouveau pour moi qui suis plus habituée à poser les questions… Il en ressort un article qui donne un autre éclairage à la mission de De Fil en Archive et ça me plaît beaucoup !

Pour lire l’article dans son contexte c’est ici, le texte est en dessous.

 

Rencontre avec Solenn Roggeman : mode, culture et nouveaux médias

 

19 mars 2014

 

▪ Bonjour Solenn !

Pourriez-vous vous présenter à nos lecteurs et nous raconter votre parcours ?

Bonjour, je m’appelle Solenn et je suis parisienne depuis 20 ans maintenant. Depuis très jeune, je suis attirée par le domaine muséal et j’ai ainsi été naturellement guidée vers l’Ecole du Louvre dans la poursuite de mes études (1er et 2ème cycle). Parallèlement, j’ai souhaité avoir une approche du monde professionnel en effectuant plusieurs stages, notamment au Musée des Arts Décoratifs et auService des Archives chez Christian Dior Couture. C’est grâce à ces opportunités de travail que j’ai décidé d’écrire mon mémoire d’étude sur Les costumes de bal et de théâtre de Christian Dior.

En sortant de ma formation, j’ai eu la possibilité de travailler immédiatement en tant que rédactrice pour un site web spécialisé dans la mode – anatomique.com. Cette première expérience m’a vraiment permis de créer un réseau dans ce domaine que je n’avais pas pu développer à l’Ecole du Louvre. J’avais surtout envie de sortir de l’univers bibliothèque, musée, etc… Il s’agissait d’un véritable challenge pour moi : se mettre à écrire avec un œil journalistique sur le web, et surtout convaincre de jeunes créateurs de mode de faire confiance à un nouveau média comme celui pour lequel je travaillais.

Après deux années passées à écrire, j’ai poursuivi ma carrière chez un antiquaire sur le quai Voltaire. On peut dire que c’était un retour vers mon premier amour qui était l’univers muséal mais cette fois-ci avec une nouvelle approche, plutôt commerciale. Je suis ensuite retournée vers le journalisme en tant que pigiste pour avoir la liberté de choisir mes projets et pouvoir adapter mon temps comme je l’entendais.
▪ Début février 2014, vous avez décidé de créer votre propre entreprise, De fil en Archive. Comment est né ce projet et quel est le concept de votre société?

Quand mes enfants ont été scolarisés, j’ai eu l’envie de me lancer dans l’entreprenariat. Etant de nature indépendante, cette décision a été finalement une véritable évidence. A ce moment là, l’embryon de De fil en Archive existait déjà ; en en parlant autour de moi, j’ai senti l’intérêt des gens, mais il manquait encore certains fondamentaux au projet.

Pour y remédier, j’ai assisté au Salon des entrepreneurs, où l’ESSEC tenait un stand. J’ai ainsi pris connaissance de leur programme Entreprendre au Féminin : un cursus d’une année dispensant des cours de droit, de marketing et de comptabilité pour monter sa propre affaire. Cette formation a permis de faire évoluer mon projet personnel au milieu de professionnels, tous entrepreneurs dans l’âme.

« Quand j’ai réalisé mon étude de marché, je me suis aperçue qu’il n’existait pas d’entreprise en France qui alliait la numérisation d’archive et la mode. »

Pourtant, ce secteur comme bien d’autres a besoin que son patrimoine soit protégé et valorisé via la procédure de numérisation des collections. Il existe énormément de maisons de mode dans lesquelles le numérique n’est pas encore entré : faute de budget, elles ne peuvent pas employer de personnel pour s’occuper de la numérisation de leurs archives à l’année.

Mon travail consiste donc à conseiller et à apporter des solutions à ces maisons de mode pour archiver au mieux leur patrimoine. Baignant dans le monde culturel depuis des années, j’essaie particulièrement d’apporter un œil expert à mes clients. En allant plus loin, je considère que mon travail est aussi d’introduire de bonnes pratiques en matière de conservation préventive. Il ne s’agit pas d’imposer à mes clients un passage au tout numérique, loin de là, mais je tente de leur faire prendre de nouveaux réflexes dans leur travail quotidien.

Parallèlement à mon site, qui sert plutôt de vitrine à mon entreprise, j’ai souhaité développer un blog où je poste régulièrement des articles sur les thèmes de la mode et des archives. D’une certaine façon, il me permet d’être plus accessible et de garder la fibre journalistique.

▪ De fil en Archive possède déjà quelques références. Pourriez-vous nous expliquer concrètement les enjeux des maisons de mode à numériser leur patrimoine ?

An+Ka, une marque de maroquinerie made in France, a été ma première cliente. Avec celle-ci, j’ai pu réellement élaborer mon concept et mon logiciel Cuscoll®, créé en interne et sur-mesure pour mon entreprise. Je souhaitais que ce logiciel soit très malléable et adaptable quelque soit le type de structure l’utilisant.

De fil en Archive arrive alors comme une prestation, plus ou moins étendue dans le temps selon les besoins des clients. Je peux leur apporter ce service de manière ponctuelle, ou encore de façon récurrente dès qu’ils ont besoin d’archiver dans l’année.

Ma société est véritablement à la carte mais le plus souvent ces maisons ont d’abord besoin que je fasse un état des lieux de l’existant, pour ainsi leur donner mes conseils en matière de conservation préventive. Puis, je leur propose plusieurs solutions : aménagement de la pièce où seront stockées les archives, choix des matériaux pour la conservation…

Ensuite, il s’agit aussi de défendre la propriété intellectuelle de ces maisons de mode dans une société où la contrefaçon est de plus en plus importante. Ma première cliente, An+Ka l’a d’ailleurs subi.

 

« La copie, l’usurpation lèsent la création et engendrent des coûts importants pour faire reconnaître la légitimité des créateurs. Pour se défendre, il faut avoir conservé de nombreux documents qui attestent de l’antériorité de leur savoir-faire. »

Enfin, au delà de la question de la préservation, se lancer dans une procédure de numérisation des collections permet également d’établir une base de données qui devient alors une ressource unique, un outil sérieux pour le travail de communication et de promotion de la structure. Les maisons de mode sortent au minimum deux collections par an, de ce fait un tel catalogage permet surtout de prendre du recul sur l’ensemble du travail de sa propre société et de former les nouveaux collaborateurs beaucoup plus rapidement.

▪ Mode, culture, et médias numériques semblent définir vos aspirations. Avez-vous des adresses coups de cœur à partager avec nos lecteurs ?

En ce qui concerne la mode, le Musée des Arts décoratifs est une de mes meilleures adresses. Ils ont bien sûr leurs grandes expositions annuelles mais présentent également de jeunes créateurs et de nouveaux talents. Evidemment, il y a eu la réouverture du Palais Galliera en septembre dernier, mais la démarche du musée Hors Les Murs pendant sa fermeture était très intéressante.

Une adresse plus gastronomique : le restaurant japonais Asia-Tee, rue de la montagne Sainte-Geneviève. On y mange très bien grâce au chef Kenji qui, en cas de faible affluence, répare d’anciennes montres mécaniques dans un petit coin – n’hésitez pas à apporter la vôtre si elle est cassée !

Au sujet des médias numériques, je suis assidûment le travail du site d’information culturel Louvre pour tous

, qui a une approche critique et analytique avec un vrai parti-pris.

Autant j’aime le numérique, autant je ne me passerai pas d’un bon livre papier. Ma librairie préférée s’appelle Librairie L’Usage du Monde, vers le métro Guy Môquet. Elle organise même régulièrement des rencontres avec divers écrivains.


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Mettre en lumière le patrimoine unique des marques de luxe : des trésors à redécouvrir