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Anatomie d’une collection

Posté le 24 mai 2016 dans 24 mai 2016 dans Billets

Anatomie d’une collection

Le palais Galliera change de rythme et propose une exposition très séduisante. Exit pour cette saison, les monographies ou les collaborations et retour aux fondamentaux avec un focus sur la propre collection du musée.

 

Si les thèmes récents s’orientaient davantage vers le XXe siècle, il ne faut pas oublier que le fond de Galliera était lié à l’histoire du vêtement dès 1907. La Société de l’histoire du costume entend alors s’intéresser à tout ce qui se rapporte au corps de tous les membres de la société (société civile, clergé,etc). Ce n’est qu’à partir de 1977 que la mode apparaît dans le nom du musée.

Le vêtement relique ou relique de contact

La première grande salle est à mon sens la plus touchante. Elle présente des pièces anciennes voir très anciennes, mais toute la magie de l’expo réside dans son sens du détail. Chaque vêtement ou accessoire a le droit à une description et un cartel fourni qui justifie sa présence dans cette sélection.

 

Par exemple la petite garde-robe de Louis XVII pourrait sembler anecdotique : deux costumes et une fine chemise. Mais l’intelligence du propos est de montrer au visiteur un portrait de l’enfant avec la même chemise, d’expliquer pourquoi le tissu est de moindre qualité et la forme si caractéristique de la mode de l’époque. Par tous ces détails le vêtement reprend vie et raconte une histoire. Le détail de la minuscule couronne brodée devient un symbole dérisoire de la vie de l’enfant.

Habit, gilet et pantalon ayant appartenu à Louis XVII, Louis Charles de France, duc de Normandie (1785-1795), vers 1792 Toile de coton rayée beige-marron ; boutons de bois recouverts de tissu Collection Palais Galliera - © Eric Poitevin/ADAGP, Paris 2016

Habit, gilet et pantalon ayant appartenu à Louis XVII, Louis Charles de France, duc de Normandie (1785-1795), vers 1792
Toile de coton rayée beige-marron ; boutons de bois recouverts de tissu
Collection Palais Galliera – © Eric Poitevin/ADAGP, Paris 2016

Couronne au point de croix, chemise de Louis XVII. © De fil en archive

Couronne au point de croix, chemise de Louis XVII.
© De fil en archive

J’ai pris cet exemple touchant, mais chaque cartel raconte une histoire différente : la matière, le tissage, la teinture sont autant de détails qui permettent de comprendre comme dans une enquête que sous un gilet en maille d’apparence presque anodine se cache le raffinement de Condorcet. Ou qu’une ombrelle à tête de grue est en fait un « En cas » c’est à dire une ombrelle sans décor pour qu’elle puisse aussi protéger de la pluie…

Gilet tricoté ayant appartenu à Condorcet (1743-1794). Ce gilet à la simplicité trompeuse est en fait un tricotage qui montre les progrès de la maille à la fin du XVIIIe siècle. © De fil en archive

Gilet tricoté ayant appartenu à Condorcet (1743-1794). Ce gilet à la simplicité trompeuse est en fait un tricotage qui montre les progrès de la maille à la fin du XVIIIe siècle. © De fil en archive

Les robes de l’épouse du docteur Gachet, préservées telles qu’au jour de ses noces, la canne de Jacques Doucet, le magnifique costume brodé du Prince de Ligne qui aimait les jardins au point des les porter sur lui, cet inventaire à la Prévert est vraiment attachant.

Robes portées par Madame Gachet lors de ses noces avec le Docteur Gachet, 1868 Robe de mariée  : faille de soie ivoire Robe de lendemain de noces : faille de soie gris parme Collection Palais Galliera - © Eric Poitevin/ADAGP, Paris 2016

Robes portées par Madame Gachet lors de ses noces avec le Docteur Gachet, 1868 Robe de mariée  : faille de soie ivoire
Robe de lendemain de noces : faille de soie gris parme
Collection Palais Galliera – © Eric Poitevin/ADAGP, Paris 2016

Gilet d’homme ayant appartenu à Claude-Lamoral II, prince de Ligne et du Saint Empire (1685-1766), Collection Palais Galliera© Pierre Antoine

Gilet d’homme ayant appartenu à Claude-Lamoral II, prince de Ligne et du Saint Empire (1685-1766), Collection Palais Galliera© Pierre Antoine

 

Faire cohabiter le sublime et le quotidien

Un des aspects qui m’a beaucoup plu dans cette exposition est le parti pris de présenter en même temps que ces pièces d’exception les vêtements ordinaires ou codifiés de la société.

Les lourdes jupes amples en gros lainage ou cette veste recoupée dans un surgé de laine bleu mal teint présentent ces habits usuels qui sont modelés par l’usage et en deviennent universels. Ce sont ces pièces qui forment un fil conducteur avec la salle suivante, celle des clientes haute-couture. Elles cohabitent avec les tabliers de jardiniers ou de bonnes.

 

© De fil en archive

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Ensemble de vêtements quotidien © Pierre Antoine

Ensemble de vêtements quotidien
© Pierre Antoine

© De fil en archive

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Garde-robes particulières

Les pièces qui arrivent jusqu’au musée sont bien souvent données ou vendues par les clientes elles-mêmes ou leur famille.

Cette section regorge de robes et accessoires regroupés pour évoquer les couturiers et leurs fidèles. L’idée est de redonner vie au vestiaire d’une cliente, son style qui finit par faire corps avec la vision du couturier. Mitzah Bricard et Christian Dior ou Audrey Hepburn et Hubert de Givenchy. Si l’on y voit de très belles pièces, on est parfois un peu perdu par l’organisation. Là encore j’ai beaucoup apprécié l’évocation des femmes qui se vêtissent chez les couturiers : tempéraments de ces femmes libres comme Daisy Fellowes ou bien sur la duchesse de Windsor. Les artifices pour être élégante en toute circonstance sont assez amusant, en particulier le chapeau d’équitation en forme de canotier avec monocle intégré.

Incroyable carnet de commande d'une première d'atelier chez Christian Dior © De fil en archive

Incroyable carnet de commande d’une première d’atelier chez Christian Dior © De fil en archive

 

 Bottines de chez Hellstren & Sons en cuir camel, lacet de soie, ayant apprtenues à Daisy Fellowes (1890-1962) connue pour sa grande beauté et journaliste au Harper's Bazaar © De fil en archive

Bottines de chez Hellstren & Sons en cuir camel, lacet de soie, Daisy Fellowes (1890-1962) connue pour sa grande beauté et journaliste au Harper’s Bazaar © De fil en archive

Givenchy, robe en deux parties portée par Audrey Hepburn (1929-1993), 1966 Lainage ivoire Collection Palais Galliera - © Eric Poitevin/ADAGP, Paris 2016

Givenchy, robe en deux parties portée par Audrey Hepburn (1929-1993), 1966 Lainage ivoire
Collection Palais Galliera – © Eric Poitevin/ADAGP, Paris 2016

Les demi-mondaines et les actrices

Cette courte section présentée dans le magnifique meuble vitrine, utilisé précédemment, est là aussi très impressionnante. Il montre que les actrices portent facilement en ville des pièces d’abord destinées à la scène et surtout qu’elles se créent souvent leur propre mode. Les chaussures en croco vert de Sacha Guitry , la robe en plumes bleues de Mistinguette ou la jaquette d’amazone de Cléo de Mérode (malheureusement moins mise en valeur) sont très parlantes sur leur indépendance. Elles font la mode et lancent les tendances.

H. J. Nicoll (Londres et Paris), jaquette d'amazone de Cléo de Mérode (Cléopâtre-Diane de Mérode, dite, 1875-1966), vers 1896-1898 Sergé de laine noir Collection Palais Galliera - © Eric Poitevin/ADAGP, Paris 2016

H. J. Nicoll (Londres et Paris), jaquette d’amazone de Cléo de Mérode (Cléopâtre-Diane de Mérode, dite, 1875-1966), vers 1896-1898
Sergé de laine noir
Collection Palais Galliera – © Eric Poitevin/ADAGP, Paris 2016

Chapeaux © de fil en archive

Chapeaux © de fil en archive

Les muses

Là encore une bonne idée, le témoignage écrit au travers de vêtements des inspiratrices. Jean Charles de Castelbajac, Adeline André et Elli Medeiros restent mes préférés (Vous vous souvenez de « Toi, mon toit »? voici le clip) . La chanteuse raconte comment elle a porté les robes présentées et quelle joie elle a eue à le faire.

Robes d'Elli Medeiros de Jean-Charles de Castelbajac et Adeline André (la rouge). Portées à l'occasion du clip de Toi toi mon toit. © de fil en archive

Robes d’Elli Medeiros de Jean-Charles de Castelbajac et Adeline André (la rouge). Portées à l’occasion du clip de Toi toi mon toit. © de fil en archive

 

La dernière partie montre des vêtements de défilés qui n’ont été portés qu’une fois, qui ne sont pas aussi incarnés mais qui retranscrivent au plus près l’idée originelle du créateur. Ces prototypes aussi ont droit à leur anecdote. La robe de Yohji Yamamoto en toile est d’une délicatesse incroyable.

 

Seule la scénographie m’a laissée sur ma faim. La volonté de renouer avec un accrochage XIXe en accord avec le lieu est un peu déroutante, les coffrages hauts, les mannequins sur des pieds surdimensionnés sont des effets originaux mais rendent moins lisible le propos.

© Pierre Antoine

© Pierre Antoine

 

Anatomie d’une collection Palais Galliera, jusqu’au 23 Octobre 2016

 

 

 

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Indigo, pour l’amour du bleu !

Posté le 31 mars 2015 dans 31 mars 2015 dans Billets

Indigo, pour l’amour du bleu !

Il y a des expositions discrètes (avec des heures d’ouvertures discrètes aussi) qui rencontrent un très vif succès. C’est le cas d’Indigo à la bibliothèque Forney. Visite guidée.

Le lieu

 

La bibliothèque Forney est située dans le quartier du Marais. C’est l’ancien hôtel de Sens, construit à la fin du XVe siècle par Tristan de Salazar, évêque… de Sens (c’est bon vous suivez). Très dégradé après avoir eu de multiples fonctions, il est racheté en 1911 par la ville de Paris. En 1973, le fond de la bibliothèque Forney est transféré dans ce bâtiment. Ces collections sont constituées d’ephemera (entre autres étiquettes publicitaires) mais aussi de livres anciens, papiers peints, tissus….. Bref une vraie mine d’or.

La bibliothèque accueille régulièrement des expositions.

Hötel de Sens, blibliothèque Forney, cour intérieure © De fil en archive

Hötel de Sens, blibliothèque Forney, cour intérieure © De fil en archive

 

Un Plongeon dans le bleu

 

A l’origine de ce voyage dans la teinture, on retrouve une femme qui préfère laisser parler sa collection. Catherine Legrand, créatrice de la marque A la bonne renommée, rassemble ces pièces teintées par l’indigo à travers le monde. Elle est commissaire de l’exposition.

« Cette exposition souhaite contribuer à la sauvegarde des traditions textiles liées à l’indigo, de l’extraction à la teinture, jusqu’aux techniques décoratives qui y sont attachées. Elle participe à une démarche entreprise par certains pays pour que l’indigo soit inscrit par L’UNESCO comme élément du patrimoine immatériel de l’humanité. » Catherine Legrand

 

Teinturière un « brin d’indigo » dans la main – Guizhou,  CHINE  © Catherine Legrand

Teinturière un « brin d’indigo » dans la main – Guizhou, CHINE
© Catherine Legrand

 

L’indigo VS le pastel

 

Si l’indigo et le pastel sont tous les deux des plantes, la seconde s’adapte dans les régions tempérées. C’est pourquoi le pastel était utilisé en Europe. Son bleu est plus pâle. La première salle présente surtout des vêtements de travail, des costumes traditionnels. Ce qui est frappant c’est la similitude de formes pour des régions du monde très éloignées.

© De fil en archive

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En changeant de pièce, on change de pays : Japon et Chine, puis Maghreb et Afrique noire, pour conclure par l’Inde, le Laos, le Vietnam et le Pérou.De grands panneaux didactiques expliquent les particularités techniques et les habitudes de chaque peuple. Au Japon, la mode de l’indigo est initiée par les samouraïs au XIIe siècle. Comme le coton ne pousse pas dans le nord du pays, les kimonos étaient précieux et donc réutilisés. Même si la mécanisation a eu lieu au XIXe siècle, l’indigo est travaillé par des artisans « trésors vivants» encore aujourd’hui.

Veste de femme du groupe ethnique Zhuang. Patchwork d’indigo Guangxi. Chine  © Catherine Legrand

Veste de femme du groupe ethnique Zhuang. Patchwork d’indigo Guangxi. Chine
© Catherine Legrand

Chine © De fil en archive

Chine © De fil en archive

Chine © De fil en archive

Chine © De fil en archive

 

En Afrique du nord, on utilise du coton mais aussi de la laine, qui n’absorbe pas l’indigo. Cela crée des nuances plus claires et donc des motifs. Les grands pagnes dogons présentent une diversité de motifs graphiques et symétriques magnifiques (cou de corbeau, croisillons de la falaise). On utilise un système de nœuds et de ligatures qui créent des parties « en réserve » sur le tissu. La teinture se fait après cette étape. Quelques centres subsistent encore au Mali et au Nigéria, malgré la situation politique et les tissus synthétiques.

Détails de motifs de pagnes © De fil en archive

Détails de motifs de pagnes © De fil en archive

Broderie sur grand boubou  © Catherine Legrand

Broderie sur grand boubou
© Catherine Legrand

Au Laos, le bleu est saturé, presque noir et le décor est omniprésent. Les fillettes apprennent à broder tôt. Les ouvrages sont de petites tailles pour être transportés facilement. Ces broderies sont cousues sur le vêtement déjà teint. S’il est trop abimé ou éclairci, les motifs sont conservés et réutilisés. Rien ne se perd tout se recycle !

manteau d'homme à brandebourgs Vietnam  © De fil en archive

manteau d’homme à brandebourgs Vietnam
© De fil en archive

En Inde, l’indigo a été symbole de rébellion. En effet commercialisé sous forme de blocs séchés le commerce de l’indigoterie a occasionné au XIXe siècle un durcissement des conditions de travail des ouvriers indiens par les colons anglais. La révolte a été cautionnée par Gandhi. Les motifs brodés en Inde sont d’inspiration naturelle.

Scénographie

 

Le parti pris est de présenter les vêtements principalement à plat, tendus sur les murs. Certaines pièces (sûrement moins fragiles ?) sont posées sur des cintres métalliques ou tenus par des pinces. Des stockmans (mannequins) sont utilisés pour présenter silhouettes les plus richement ornées.  Peu de vitrines, mais un système de marquage au sol et de fils tendus pour matérialiser les espaces d’exposition. Au début c’est un peu déstabilisant (vieillot ?) d’avoir un accrochage très ethnographique. Cependant les pièces sont tellement variées et très souvent magnifiques, que le visiteur se laisse gagner par cette accumulation. Cette alternance de motifs bleu et blanc, de broderies et de couleurs vives avec toujours en arrière plan ce bleu vibrant, changeant qui dépayse totalement.

Un des points forts d’Indigo c’est aussi les informations sur les oeuvres. Elles sont distillées pièce par pièce souvent à l’aide d’une grande étiquette carrée qui donne bien sur la provenance et le lieu de conservation, mais aussi quelques détails pratiques ou techniques.

Indigo est vraiment une exposition passionnante qui va au delà d’une analyse technique. Elle permet de voyager, et de voir qu’à partir d’une variété de pigment, le bleu est réinventé en permanence en fonction du pays dans lequel il est utilisé. C’est une manière réjouissante de montrer l’imagination et la diversité de réalisations humaines.

Les mains d’un teinturier-imprimeur autrichien tenant deux blocs de pigment indigo indien  © Catherine Legrand

Les mains d’un teinturier-imprimeur autrichien tenant deux blocs de pigment indigo indien
© Catherine Legrand

A noter que le catalogue (Edition de la Martinière) qui accompagne l’exposition est très beau et particulièrement bien documenté avec une multitude de photos in situ.   Indigo Bibliothèque Forney Du mardi au samedi de 13h à 19h jusqu’au 2 Mai 2015

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Déboutonner la mode : plongez dans une boite à boutons !

Posté le 23 févr. 2015 dans 23 févr. 2015 dans Billets

Déboutonner la mode : plongez dans une boite à boutons !

Déboutonner la mode est la nouvelle grande exposition du musée de la mode et du textile. Enfant je pouvais passer des heures à jouer avec la boîte à boutons de ma maman. Tout retourner, les trier, par couleurs, formes, motifs, c’était un vrai trésor ! Entrer dans cette exposition c’est un peu retrouver ce plaisir, les explications en plus.

En 2012, le collectionneur Loïc Allio fait don de sa collection de boutons au musée. Véronique Belloir, commissaire de l’exposition et chargée des collections au musée Galliera raconte le travail minutieux qu’elle a réalisé avec son équipe et le photographe Patrick Gries pour organiser, classifier, répertorier.

« C’était un travail colossal » Véronique Belliard

La thématique

Pour comprendre le bouton, l’exposition commence par une vitrine sur les matériaux utilisés. Si la nacre ou le bois sont connus de tous, le champ des possibles est immense, métal, papier, passementerie de soie mais aussi par exemple peau d’éléphant ou pain… Ces grandes boîtes qui font correspondre objets et boutons sont très esthétiques et didactiques.

Matières ©De fil en archive

Matières ©De fil en archive

Le costume masculin

Si la fonction du bouton est évidente, on apprend que son usage commence vraiment au XIIIe siècle. Le plus ancien spécimen de cette collection remonte au Ve siècle avant J-C et provient de la région de l’Ordos en Chine. Ici on comprend que le bouton au XVIIIe siècle et d’abord une histoire d’homme. Il orne le costume masculin et peut être la déclinaison du motif principal du tissu. Ame d’os, ou de bois il est recouvert de métal lamé et de passementerie.

Il devient aussi une manière d’afficher des penchants et des opinions avec des scènes miniatures. Le vêtement masculin est très codifié et à la fin du siècle, un habit comporte 18 boutons et seuls 2 ou 3 sont fonctionnels. Le bouton devient alors un objet de luxe d’orfèvrerie qui perd sa fonction première.

©Luc Boeglj

©Luc Boeglj

La mode à la hussarde

En 1808 les vêtements adoptent des proportions « à l’antique » et la passementerie en tresses et triple rang de boutons du Dolman (veste du folklore hongrois).

©Luc Boeglj

©Luc Boeglj

L’anglomanie

C’est avec cette mode que le bouton devient aussi un élément du vestiaire féminin. La robe dite redingote se porte avec un gros jupon de linon blanc. Les coupes et les tissus sont sobres. C’est un grand succès de la fin du XVIIIe siècle.

©De fil en archive

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Le second empire

Pour la femme, d’ornement le bouton reprend une place fonctionnelle. Séparant sagement le vêtement symétriquement, il enferme chastement le corps, pour laisser la place à l’esprit, à la pensée selon les idées en vogue. De même pour l’homme le boutonnage prend le pas sur le bouton (différence subtile). Il continue néanmoins par sa position sur les gilets à dicter les codes de l’élégance. Brumell inspire ces nouveaux usages.

Le japonisme

Dans la deuxième moitié du XIXe siècle, ce courant touche tous les domaines : mobilier, bijoux, vêtements et… boutons. Les lignes deviennent sinueuses et les motifs sont stylisés. Le bouton devient tellement précieux qu’il devient alors un cadeaux à part entière, présenté par série dans des écrins comme pour un bijou.

©Luc Boeglj

©Luc Boeglj

©De fil en archive

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Fermer et orner

1880, le corset est bien fermé. Les boutons prennent une autre dimension sociale, car ils sont boutonnés dans le dos. Difficile alors de s‘habiller seule… Le devant de l’habit reste sage. On trouve néanmoins quelques boutons dissimulés au niveau du col qui cache parfois des scènes érotiques.

Peu à peu, le bouton prend son envol. Trente mille personnes travaillent pour cette industrie. De véritables capitales industrielles se créent. Méru dans l’Oise travaille la nacre, Briare la céramique émaillée avec un procédé industriel innovant. Les vitrines présentent nombres de planches de boutons, un « tire bouton » utilisé pour les minuscules boutons de bottines, ainsi que de nombreux exemples de sous-vêtements.

©De fil en archive

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Le point d’équilibre

La silhouette féminine évolue et l’ornement aussi. C’est l’apparition de minuscules boutons « en soutane ». Paul Poiret les place au cœur de ses créations. Pour illustrer cette période la scénographie utilise des tirages grandeur nature de photos en fond de vitrine qui se juxtaposent aux mannequins portant les vêtements, donnant une impression vivante sans artifice numérique.

©Luc Boeglj

©Luc Boeglj

La dernière salle du rez-de-chaussée est consacrée à Henri Hamm (1871-1961). Neuf cents pièces issues de son atelier sont présentées, se démultipliant dans les miroirs. Peints ou teints, sa production est variée et présente un goût marqué pour la couleur. Ces inspirations sont issues de la faune et de la flore. Cette multitude n’est en rien monotone grâce à des regroupements par couleurs, matières, formes…

©De fil en archive

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Hamm ©Luc Boeglj

Hamm ©Luc Boeglj

Le second étage de l’exposition consacre la création du XXe siècle. Deux matières apparaissent : la Galalithe et le celluloïd, permettant d’obtenir de la brillance et une infinité de formes.

Les années 30 et 40 marque l’émergence des paruriers. Ces artisans se spécialisent : Rousselet travaille la perle, Lemarchand, le cuir et Scemama le bouton fantaisie. C’est aussi la période où la géométrie, la coupe et l’abstraction sont à l’honneur. Le bouton répond au tissu. Chez Vionnet on trouve de gros boutons boules et plats. C’est l’apogée de la simplicité des formes.

Ce qui est intéressant avec les boutons, c’est leur adaptation à la situation. Par exemple en 1925, les robes raccourcissent et la mode est aux bas de soie couleur chair. Les jarretelles sont amovibles et les petits boutons de nacre fantaisies se placent à cet endroit caché. L’exposition présente de ravissants exemples de visages peints sur de la soie.

©Patrick Gries

©Patrick Gries

En 1940, le bouton devient patriotique, il égaye les habits de l’occupation en étant parfois la seule touche de couleur. A la libération il devient un moyen d’exprimer ses convictions.

François Hugo

Ce célèbre parurier, descendant de Victor Hugo, est au cœur même de l’avant garde artistique et de la haute-couture. Il travaille avec Picasso, côtoie Arp, Matta, Ernst, Derain et Cocteau… De 1939 à 1955, il fabrique des boutons pour la haute-couture. Ses matériaux ne sont pas conventionnels. Il peut partir de fils électriques tordus, plissés, tressés, aplatis, mais aussi de cailloux sertis d’or.

©Patrick Gries

©Patrick Gries

Les grands couturiers lui font confiance, comme Christian Dior, Jacques Fath ou Gabrielle Chanel. Il développe une grande complicité avec Schiaparelli pour laquelle il utilisera des refusés de Chanel. Sa production est très variée et créative.

Les couturiers des années 50 et les paruriers

La dernière partie de l’exposition s’intéresse aux couturiers célèbres et à leur usage du bouton. C’est en effet pendant cette période que les paruriers font du bouton un pendant du vêtement, véritable bijou fantaisie unique.

Elsa Schiparelli puise son inspiration dans le surréalisme. Elle propose des défilés à thèmes comme l’astrologie, le cirque, les papillons. Elle envisage les boutons comme des détails précieux, surdimensionnés et décoratifs. Les boutons deviennent papillons, cigales mordorées ou coléoptères. Pour ce travail incroyable, c’est Jean Schlumberger qui réalise les idées d’Elsa. Il invente dans son atelier de joallerie boutons, broches, peignes. Il emploie de l’émail du métal, des perles de verre comme sur ce couple d’autruches à pendeloques.

©De fil en archive

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©De fil en archive

Jean Clément travaille lui aussi pour Schiaparelli avec de la résine et de l’émail, produisant entre autre des formes d’objets ou d’instruments de musique.   Christian Dior renouvelle ses formes de boutons à chaque nouvelle collection. Il travaille avec Roger Jean-Pierre et Francis Winter. La maison Gripoix produit les boutons de Chanel qui leur donnent une allure quasiment militaire. Pour Balenciaga, le boutonnage rythme le vêtement et les boutons sont ouvragés et plats.

©De fil en archive

©De fil en archive

Yves Saint Laurent leur accorde tellement de place qu’ils sont préfigurés sur les toiles des vêtements. La scénographie reproduit les plateaux de boutons qui étaient toujours disponible dans son studio de création.

©De fil en archive

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Courrège avec ses silhouettes simples et graphiques choisit de simples pastilles de plastique.

@Musée de la mode et du textile

@Musée de la mode et du textile

Une dernière salle accentue cette proximité entre artiste et bouton d’art en présentant les travaux de nombreux artistes comme Sonia Delaunay ou Line Vautrin.

L’article est long mais l’exposition est fleuve. La scénographie donne une proximité plaisante avec les œuvres car les mannequins sont proches des vitrines, sans piedestal. Pas de lassitude car chaque section se renouvelle, alternant des séries de photos, des boutons bien sûr, mais aussi des univers propres aux paruriers ou aux créateurs. A noter un effort important sur la taille des cartels et les numéros auxquels ils se réfèrent. L’obscurité est de mise et rend l’ensemble solennel.

Deboutonner la mode

Musée de la mode et du textile

jusqu’au 19 juillet 2015

 

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Sonia Delaunay : explosion de couleur et de joie

Posté le 09 févr. 2015 dans 09 févr. 2015 dans Billets

Sonia Delaunay : explosion de couleur et de joie

Au musée d’art moderne de Paris se tient une exposition immanquable sur l’œuvre de Sonia Delaunay. Plus de 400 œuvres qui illustrent sa carrière entière. L’exposition met en place un parcours chronologique qui permet de s’immerger dans son œuvre.

Sonia Delaunay est russe et cette dimension fait partie intégrante de son art.

Influences

L’importance des fauves et de Gauguin dans certains tableaux est très forte avec déjà des aplats de couleurs. On admire aussi de très beaux portraits dont les seuls rehauts sont donnés par du blanc en petit touche, non sans rappeler des influences très classiques de Dürer.

Sonia Delaunay Nu Jaune, 1908 Musée des Beaux-arts de Nantes © Pracusa 2013057

Sonia Delaunay
Nu Jaune, 1908 Musée des Beaux-arts de Nantes
© Pracusa 2013057

Simultanisme et abstraction

A partir de 1912, c’est le début de l’abstraction et l’œuvre de Sonia Delaunay se décline alors sur une multitude de supports. Elle expérimente librement le tissu, inclue la poésie dans ses toiles ou travail pour la publicité. Un très bel exemple de cette recherche est la couverture de berceau de son fils Charles, patchwork de tissus satinés dans lequel on peut imaginer une tour Eiffel. Le coffre à jouet reprend aussi cette abstraction colorée. Cette diversité correspond à l’envie de coller avec l’esprit du temps.

Sonia Delaunay 1911, MNAM © Pracusa

Sonia Delaunay
1911, MNAM © Pracusa

La danse

Le couple aime la danse, et s’intéresse aux nouveautés latines, comme le tango. Il faut regarder le bal Bullier de près puis de loin pour voir apparaître les couples enlacés, les globes électriques irradiants la lumière. C’est aussi le moment ou Sonia crée des vêtements simultanés, gilet pour Robert Delaunay et robe pour elle, une manière de promouvoir leur art directement vers les autres lors de leurs sorties. En 1918, le couple crée pour Diaghilev et les ballets russes les costumes et décors de Cléopâtre. C’est un succès. Le vêtement et le costume font partis intégralement de l’œuvre de Sonia Delaunay.

(Malheureusement pas de reproductions autorisées, il faudra se rendre sur place)

L’atelier du 19 boulevard Malesherbes

1921 marque le retour définitif des Delaunay à Paris. C’est aussi le début de la maison de couture. Dans son appartement atelier, l’artiste crée des vêtements, des motifs de tissus, fait broder et tricoter des pièces par des ouvrières russes.

Studio REP, 1925 © Pracusa 2013057 © BNF Robert mallet-Stevens © Adagp, Paris 2014 Jacques Heim © DR

Studio REP, 1925
© Pracusa 2013057
© BNF
Robert mallet-Stevens © Adagp, Paris 2014 Jacques Heim © DR

Les codes graphiques des arts décoratifs explosent : chevrons, escaliers, lignes brisées. Comme à son habitude la créatrice expérimente les matériaux et les techniques : tenues de plages, manteaux en laine aux teintes dégradées, ravissantes chaussures au point hongrois… La salle des tissus est impressionnante de diversité, de couleurs bien sûr et de modernité. Sonia Delaunay avait fait un don conséquent en 1977 de ses échantillons de tissus et archives photographiques à la Bibliothèque national de France, ainsi qu’au musée de l’impression sur étoffe de Mulhouse.

Sonia Delaunay Broderie de laine Collection particulière © Pracusa

Sonia Delaunay
Broderie de laine
Collection particulière
© Pracusa

Monumental

Les œuvres présentées au musée d’art moderne sont représentatives de la diversité des expériences de l’artiste. C’est l’occasion de voir aussi les trois grands décors muraux du Palais de l’Air de l’exposition internationale des arts et techniques, présentés pour la première fois à Paris depuis 1937. Ces très grands panneaux nous immergent dans une sensation jubilatoire de démesure et de vitesse. Conçue sur les plans de Félix Aublet, la coupole du Palais de l’Air, entièrement transparente, permet au visiteur d’apercevoir de l’extérieur, de jour comme de nuit, les orbes en Rhodoïd colorés et la spirale de la passerelle intérieure entourant un avion en suspension.

7Sonia Delaunay, Exposition Internationale des Arts et Techniques, Paris 1937 © Pracusa 2013057 © Skissernas Museum, Lund, Sweden/Emma Krantz

7Sonia Delaunay, Exposition Internationale des Arts et Techniques, Paris 1937
© Pracusa 2013057
© Skissernas Museum, Lund, Sweden/Emma Krantz

 

Salles grises ou blanches, malgré l’importance des visiteurs le parcours est assez fluide. Certaines vitrines basses font offices de séparation d’une pièce à l’autre, permettant de revenir sur certains sujets.

Après la mort de Robert Delaunay en 1941, son épouse réinvente encore un langage, une autre abstraction et pousse ces expériences de couleurs en changeant d’effets. L’utilisation de la gouache donne un aspect brut à ses compositions.

9Sonia Delaunay Rythme Couleur, 1964, © Pracusa 2013057 © Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris / Roger-Viollet

9Sonia Delaunay
Rythme Couleur, 1964,
© Pracusa 2013057
© Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris / Roger-Viollet

Cette exposition retrace magnifiquement le caractère ouvert et polymorphe de cette artiste, fascinée par la couleur et qui en véritable touche à tout, sait se renouveler tout au long de sa vie.

8Sonia Delaunay Composition pour jazz, 2e série, No F 344

Sonia Delaunay
Composition pour jazz, 2e série, No F 344″,Paris 1952
© Pracusa 2013057
© Courtesy Natalie Seroussi et Galerie Zlotowski, Paris

Musée d’art moderne de la ville de Paris Jusqu’au 22 Février Présentée à la Tate Modern de Londres du 15 avril au 9 août 2015. A noter le flipbook pour voir les oeuvres de chez soi ainsi que la reconstitution du Palais de l’air :

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Le mercredi c’est permis : des expos et des enfants !

Posté le 10 nov. 2014 dans 10 nov. 2014 dans Billets

Le mercredi c’est permis : des expos et des enfants !

J’ai décidé d’inaugurer un nouveau tag dans ce blog. Même si ça n’est pas quelque chose que je mets en avant (évidemment) sur ce site, j’ai aussi des enfants, à qui j’essaie de faire partager mon goût des expositions. Alors quand c’est possible je les traine emmène en fonction de leurs goûts et de l’actualité. Intéresser en même temps des enfants de 6, 9 et 11 ans c’est un challenge. Cette semaine de vacances était propice en découvertes, au programme :

Le cerveau, ombres et lumières et les transports à la cité des sciences ainsi que Les animaux font le mur et Voyager au Moyen-Age au musée de Cluny.

Bon d’accord avec la Cité des sciences, j’ai commencé avec une valeur sûre. D’abord si vous hésitez encore, je vous conseille vivement le pass famille (2 adultes et toute la fratrie pour 85 euros annuels). Deux visites dans l’année et c’est rentabilisé. La cité des enfants est toujours un must, mais j’essaie aussi de leur faire découvrir les autres richesses du lieu.

Ombres et lumière

Ce matin là, personne dans l’expo (Titeuf et son zizi sexuel et la Géode devaient faire le plein). Une délicieuse scénographie de manoir hanté, grincements de porte, et mobilier suspendu. Mais il ne faut pas s’y tromper les enfants adorent ! On peut entre autre étirer son ombre, la manipuler, la photographier, découvrir des angles de son visage grâce à des lampes latérales, jouer au cuisinier des couleurs ou visualiser un film avec des canivets qui pendent comme une lessive sur un fil.

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Ombres et lumière © De fil en archive

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Ombres et lumière © De fil en archive

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Ombres et lumière © De fil en archive

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Ombres et lumière © De fil en archive

Chacun y trouve son compte selon son envie d’apprendre et d’expérimenter. Le jour de notre visite, un seul dispositif était en panne. On retrouve toute l’intelligence des expos de la cité : une part d’imaginaire, une part d’expérimentation et une part d’explication.

L’exposition se prolonge par un site spécifique toujours ludique et intelligent. L’ombre photographiée dans l’ombromaton est disponible un mois sur le site et peut être imprimée.

C3RV34U,  L’EXPO NEUROLUDIQUE

Cette nouvelle exposition permanente est un enchantement. On appréhende le cerveau à tout point de vue : caractéristiques, construction, fonctionnement. Les synapses et les neurones deviennent des mots simples pour les enfants. Les vidéos explicatives sont bien construites et suffisamment courtes pour être vues en entier. Là encore la scénographie est très belle. Le bleu est omniprésent et les lampes chapeaux melons donnent une touche surréaliste à l’ensemble.

Les expériences à réaliser sont nombreuses et variées. Les adultes comme les enfants se prennent au jeu.

©PH.Lèvy / EPPDCSI

©PH.Lévy / EPPDCSI

Le dernier volet de l’exposition sur le cerveau social est formidable de second degré et d’informations, rires garantis avec le film des chevreaux suprématistes.

Au final, un bon moment (qui a bien dû nous occuper 2 heures sans lassitude). Nombreuses ressources vidéo à retrouver sur le site.

Des transports et des hommes

 

C’est aussi une exposition permanente comme « Le Cerveau ». Elle s’adresse aux enfants à partir de 6 ans et fait le point sur la mobilité et les hommes à travers le monde. Dit comme cela c’est vaste, mais l’expo est truffée d’écrans, de quizz, de cartes interactives et d’énigmes. On apprend entre autre à optimiser un avion pour qu’il vole mieux. Une joyeuse installation artistique fait un carton auprès des visiteurs, Le manège : une œuvre interactive et collective, de Pierrick Sorin. Le principe : les visiteurs se prennent en photo pour apparaître quasi instantanément sur le mur d’écrans animés pour chevaucher une moto, un bus ou même un poisson ! Même les plus timides ne résistent pas à la tentation car le résultat est très drôle. L’artiste se met lui même en scène dans son installation, cherchez-le ! A noter qu’une exposition de Pierrick Sorin sera présentée à la galerie Pièce unique à partir du 20 novembre.

© De fil en archive – Le manège, Pierrick Sorin, Cité des sciences et de l’industrie

Là encore la vidéo est omniprésente et donne lieu à de réjouissants petits films comme par exemple celui sur la RATP et les rencontres dans la ville.

Seconde séance des expositions et direction le musée de Cluny : Les animaux font le mur , et Voyager au Moyen-Age.

LES ANIMAUX FONT LE MUR

 

A l’occasion de l’anniversaire de la grande galerie du Muséum d’histoire naturelle, plusieurs manifestations mettent en scène des prêts hors les murs. Au musée de Cluny, l’exposition tourne autour de la Dame à la licorne. Un fascicule ludique est offert eux enfants (pas vraiment spontanément…) pour rechercher des animaux et des herbiers dans les œuvres. Le support est attractif et permet d’aiguiser l’observation tout en apportant des éléments sur les correspondances avec les sens.

Il est dommage que la salle 17, dans laquelle se trouvent les animaux et fleurs du muséum soit si mal indiquée. Elle est à côté du cycle de la licorne mais tous les visiteurs refaisaient le trajet dans l’autre sens… une flèche ou un numéro visible fluidifierait l’ensemble. La vitrine des animaux est extraordinaire par la ressemblance frappante entre le tissage et la réalité. C’est aussi l’occasion de découvrir la genette (au premier plan dans la photo).

© De fil en archive - La vitrine des animaux du Museum et rapport avec le cycle de la Dame à la licorne.

© De fil en archive La vitrine des animaux du Museum et rapport avec le cycle de la Dame à la licorne.

Le pari est gagné, les enfants ont joué le jeu de l’observation et ont pu découvrir cet élément important qu’est la tenture dans l’habitat du Moyen-Age, et relier les notions étudiées à l’école et le musée.

Voyager au Moyen-Age

 

Cette nouvelle exposition permet de découvrir la diversité des voyageurs, leurs pratiques et leurs croyances au Moyen-Age. De la carte à l’horizontale, table de Peutinger  indiquant sur plus de 6 mètres toutes les routes de l’Europe, en passant par le rouleau des morts de Saint Bénigne de Dijon qui contribuait au souvenir des morts des abbayes, le panorama est éclectique. Là encore sur le très beau site web du musée de Cluny était signalé un fascicule pour enfant en partenariat avec Paris Mômes. J’ai pu en imprimer un seul grâce à ma merveilleuse imprimante et j’en ai demandé d’autres à l’accueil du musée. A ma grande surprise, alors que l’exposition avait commencé deux jours avant, aucun livret enfant…Un peu dommage non ?

Ce support pédagogique est intéressant en soi, mais difficile à utiliser pendant la visite, je le vois davantage comme un récapitulatif en complément de la visite. L’exposition est plongée dans la pénombre certainement pour la conservation des pièces fragiles, mais cela ajoute à la difficulté pour les enfants de se repérer dans les thématiques. L’exposition est en revanche passionnante pour les adultes, son cadre dans le frigidarium des thermes la met bien en valeur, mais elle reste à mon sens un peu complexe pour un jeune public. Avec un peu de chance ils auront quand même retenu le rôle de St Christophe pour les voyageurs !

© De fil en archive

© De fil en archive – Voyager au Moyen-Age.

Le défi est relevé, les enfants ont tous trouvé des centres d’intérêts à ces visites de vacance. A suivre…

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