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Swedish Fashion Goes Paris : à la découverte de la mode suédoise !

Posté le 06 oct. 2014 dans 06 oct. 2014 dans Billets

Swedish Fashion Goes Paris : à la découverte de la mode suédoise !

A l’institut suédois à Paris se tient une exposition pour découvrir l’essence même de la mode suédoise. Quand on pense Suède, on visualise évidemment des marques comme H&M ou COS (même groupe) ou des matières brutes, le jean omniprésent (Acne) et des matières chaudes, du jacquard, des semelles de bois traditionnelles (Kerstin Adolphson) et de ravissants bracelets en cuir de renne. Eh bien dans cette exposition on enrichit sensiblement notre vision.

L’exposition est tirée de celle qui s’est tenue à Stockholm cet été au Sven-Harry’s Art Museum, orchestrée par Cia Jansson du Elle Suède et Michael Elmenbeck. L’exposition est courte, mais percutante. Chaque pièce représente presque un manifeste à elle seule.

La photographie

 

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Johan Sandberg, paysage ©Defilenarchive

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Johan Sandberg, photo ©Defilenarchive

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Johan Sandberg ©Defilenarchive

La photo de mode suédoise est intrinsèquement liée aux paysages, et à un sentiment de tranquillité. Cependant il ne faut pas s’y fier, car la nature dans les clichés de Johan Sandberg agit comme une toile de fond, muette. Son rapport à la lumière est directement lié à l’importance de celle-ci en Suède (journées sans fin ou au contraire nuits très longues). Il joue avec les ombres et les différentes nuances de gris, mettant ainsi en valeur les expressions personnelles de ses sujets.

Dans les œuvres présentées, ce qui domine c’est une esthétique très froide, mais avec une lumière maîtrisée qui nimbe et ne découpe pas les sujets. Ils sont mis en avant avec subtilité, sans optimisme mais avec précision.

L’artisanat et le savoir-faire

 

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© Bea Szenfeld, collection Sur la plage, bustier en sequins géants porté par Björk.

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Sandra Backlund, top en laine et mohair, tricoté main, printemps 2007 photo ©Defilenarchive

Dans les années 2000, les créateurs suédois comme Sandra Backlund, Bea Szvenfeld ou Fifth Avenue Shoe repair remettent l’artisanat à l’honneur. Les créations sont souvent des pièces uniques, ce qui permet un travail très élaboré sans contrainte de production. Les matières les plus variées sont alors choisies : papier, laine, métal, paillettes. Tout est bon pour créer des œuvres très graphiques. Il s’agit d’utiliser les techniques traditionnelles pour un résultat innovant. La laine devient sculpture, le papier est utilisé comme un savant origami géant à mi-chemin entre la plume et la représentation d’une molécule, les sequins créent une cuirasse de pastilles brillantes.

Le volume

©Defilenarchive

Bea Szenfeld robe de papier, 2014, créée exclusivement pour l’exposition Swedish fashion 2000-2015 ©Defilenarchive

Cette profusion de techniques et d’amoncellements conduit naturellement à une autre évidence : la mode suédoise aime le volume. Les vêtements ne cherchent pas à magnifier une ligne ou une courbe, ils en créent de nouvelles ! Le corps disparaît, enveloppé, support d’une allure inédite. Tricot, papier, sont autant de petits modules qui semblent proliférer harmonieusement mais indépendamment du vêtement lui même. C’est particulièrement vrai pour le travail de Sandra Backlund, gagnante du Festival de Hyères en 2007.

@Defilenarchive

Sandra Backlund, top en origami fait à la main, papier, AH 2007 ©Defilenarchive

Les couleurs

 

©Johan-Sandberg

©Johan-Sandberg

 

Dans la mode suédoise, on trouve aisément du blanc, du noir, toute une palette de teintes sourdes et quelquefois des explosions de couleurs vives: un rouge incandescent, un rose tyrien, un jaune éclatant. Dans les exemples de l’exposition c’est surtout l’équation une pièce = une couleur. Ca brille sans être clinquant. Les pièces sont fortes, graphiques et parfois agressives. Elles ne laissent pas indifférent.

Le vestiaire masculin/féminin

 

©-Benjamin-Vnuk

Les créateurs pour le prêt à porter, privilégient une approche mixte (pas pour tout bien sûr…). Beaucoup de vestes, de chemises, de pantalons cigarettes, de boots et de chaussures inspirées du vestiaire masculin. L’idée reste de mélanger le meilleur des deux, de mélanger les formes et d’obtenir un nouveau répertoire.

L’exposition

Si ne vous connaissez pas l’institut suédois, c’est l’occasion de programmer une petite balade dans le Marais. Le lieu est superbe, l’hôtel de Marle abrite entre autre une cour intérieure et un jardin.

Institut suédois, façade vue du jardin ©defilenarchive

Institut suédois, façade vue du jardin ©defilenarchive

La scénographie se présente comme une grande vague d’ardoise noire, ponctuée de mannequins. Seuls le nom du créateur et la date du vêtement exposé sont écrits directement à la craie sur le socle. Pas de vitrine pour protéger les œuvres (comme pour l’exposition sur les années 50 à Galliera). Les photos et les illustrations répondent en contre-point. Une vidéo du Beckman’s College of Design complète le dispositif.

©Defilenarchive

©Defilenarchive

A ne pas manquer non plus les nombreuses illustrations exposées (en particulier dans la montée d’escalier). Elles témoignent de la richesse de techniques employées, avec beaucoup de dessins et d’aquarelles, qui montrent la vivacité de la création suédoise.

©-Lovisa-Burfitt

©-Lovisa-Burfitt

Exposition visible à l’Institut Suédois jusqu’au 19 octobre 2014 11 rue Payenne, 75003 (métro Saint Paul) https://paris.si.se/ Plusieurs activités sont proposées autour de l’exposition.

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Galliera, le souffle des années 50

Posté le 29 sept. 2014 dans 29 sept. 2014 dans Billets

Galliera, le souffle des années 50

Il y a des expos dont les sujets sont alléchants et c’est un vrai bonheur de les découvrir. L’expo de Galliera fait partie de celles-ci. Quand on entend années 50, on voit très vite une jupe ample, une taille fine et marquée, le New-look de Christian Dior. C’est aussi une envie d’élégance, de nouvelles expériences, une période joyeuse due au contexte historique.

  Eh bien cette exposition permet vraiment de ressentir ce souffle de vie.   La scénographie est très agréable. On retrouve un parfait équilibre en photos, vêtements et accessoires. Les vitrines sont variées. Le mur de couvertures de « ELLE », est une constante cette année (Dries Van Noten, Dior et la photographie et bien sûr papier glacé).

Scénographie de l’exposition « Les Années 50 » © Pierre Antoine

Scénographie de l’exposition « Les Années 50 »
© Pierre Antoine

 

Les cartels sont larges et explicatifs ce qui est un vrai plus. Une attention que j’apprécie particulièrement à Galliera, c’est le soin apporté à nommer non seulement les photographes des clichés, mais aussi le plus souvent possible les mannequins. Manière subtile de ne pas les cantonner à un rôle subalterne.

 

De cette période faste, on redécouvre les différentes tendances, la spécificité des couturiers. Ainsi on découvre que Jacques Fath avait en genèse la silhouette féminine mise en avant par le New-Look. Carven revendique la création pour les femmes petites et menues. Elle assimile les codes de la silhouette en vogue, mais la retravaille dans une esthétique différente.

Jacques Heim, P/E 1951 / Alwynn, vers 1950 / Carven, P/E1951 Collection Palais Galliera © Gregoire Alexandre

Carven, P/E 1951 / Alwynn, vers 1950 / Jacques Heim, P/E1951 Collection Palais Galliera
© Gregoire Alexandre

Hubert de Givenchy, dont la maison ouvre en 1952, est alors un jeune homme audacieux et espiègle qui joue avec les tissus en collaboration avec Brossin de Méré. La robe a imprimé petits pois en est un exemple emblématique.

Givenchy, P/E 1950 / Paul Daunay, 1952-1957 Collection Palais Galliera © Gregoire Alexandre

Givenchy, P/E 1950 / Paul Daunay, 1952-1957 Collection Palais Galliera
© Gregoire Alexandre

Scénographie de l’exposition « Les Années 50 » © Pierre Antoine

Scénographie de l’exposition « Les Années 50 »
© Pierre Antoine

La codification des vêtements pour la journée et pour le soir est encore très présente : robe d’après-midi, de cocktail, du soir… C’est aussi le début des robes de plage et de campagne, qui perdent en rigidité et se laissent aller un une allure marine, évoquant le souffle de la liberté. Le contre pied de ce répertoire très codifié vient de Gabrielle Chanel.

Toutes ces tendances sont développées. Le clou de l’exposition reste tout de même la place laissée aux robes du soir.

«Les robes du soir sont le luxe des couturiers. Ils y mettent toute leur fantaisie. Elles représentent environ un dixième des modèles de la collection»

Paris Match, édition du 02/09/1950

Pour cette seconde partie, le parti-pris est de ne présenter que quelques robes à la fois, permettant de ne pas avoir l’œil noyé par l’abondance. Des débuts d’Yves saint Laurent chez Dior avec la robe courte « Aurore », aux silhouettes incroyable de Grès (comme la robe bustier drapée en velours de soie changeant) et Balmain, l’émerveillement atteint son paroxysme avec les robes de Christian Dior.

Dior par Yves Saint Laurent, robe du soir "Aurore", P/E1958. Faille de soie de Lajoinie. © Eric Emo / Galliera / Roger-Viollet

Dior par Yves Saint Laurent, robe du soir « Aurore », P/E1958. Faille de soie de Lajoinie.
© Eric Emo / Galliera / Roger-Viollet

Christian Dior (Boutique), 1953-1954 / Jacques Fath, vers 1947 / Grès, A/H 1956 Collection Palais Galliera © Gregoire Alexandre

Christian Dior (Boutique), 1953-1954 / Jacques Fath, vers 1947 / Grès, A/H 1956 Collection Palais Galliera
© Gregoire Alexandre

 

 

 

 

 

 

 

 

Robes bustiers, broderies d’inspiration XVIIIe, chaque pièce est un émerveillement.   On parcourt cette expo comme une parenthèse où la féminité, la couleur, le sens du détail sont à mis en valeur.

Scénographie de l’exposition « Les Années 50 » © Pierre Antoine

Scénographie de l’exposition « Les Années 50 »
© Pierre Antoine

A voir avec bonheur jusqu’au 2 Novembre 2014

http://www.palaisgalliera.paris.fr

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« TaKe Me », Street Art et générosité

Posté le 15 sept. 2014 dans 15 sept. 2014 dans Billets

« TaKe Me », Street Art et générosité

Se balader procure des surprises et heureusement ! A Aix-en-Provence cet été, il fallait scruter les murs, les portes, le mobilier urbain. Pourquoi ? Pour avoir une chance de trouver un des 24 pochoirs disséminés à travers la ville par Alex Tréma.

Les pochettes en papier calques visibles et énigmatique avec leur grand TaKe Me abritaient chacune le portrait de Sid Vicious des Sex Pistols. Les pochoirs sont numérotés et la feuille jointe explique la marche à suivre. Chaque œuvre est offerte et le promeneur curieux est invité à poster une photo de l’œuvre comme il le souhaite et quelques mots sur ses sentiments et sa découverte.

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Vous avez deviné, j’ai eu la chance d’en trouver une, mais le projet ne se cantonne pas à la Provence. New-York, Paris, Marseille, Naples, Lille, Milan, Londres, Montpellier, Lisbonne, Bordeaux…

Alex Tréma est à l’origine de ce superbe projet, il a accepté de répondre à mes questions.

  Comment est né TaKe Me ?

En Mai 2013 je suis parti en vacances à New York, et plus le départ approchait, plus je ressentais le besoin de faire quelque chose là bas.

Les collages comme ceux que je faisais à Paris me semblaient compliqués. Formats trop grands, matériel à acheter sur place, dans une ville qui m’était alors inconnue.

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A partir de là, le concept de TaKe Me s’est imposé à moi en 48h. Des petites œuvres, pas de collage donc scotchées. Avec ce dispositif, elles peuvent être récupérées et deviennent un don. Les insérer dans des enveloppes ? Non, plutôt des pochettes calques avec l’inscription en rouge TAKE ME, et la recherche d’une interactivité avec la demande d’une photo en retour.

« L’œuvre qui a le plus voyagé : trouvée devant Beaubourg, une pièce est réapparue 2 mois après à Melbourne (Merci Tom) ».

« C’est haut New York USA », était le nom de ce projet (TaKe Me s’est imposé au 4ème projet). Il n’était pas appelé à être reproduit, mais ce sont les retours que j’ai pu avoir qui m’ont donné envie de continuer. Ils mêlaient, surprise, émotion, remerciements.

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« Ce projet représentait ce que je cherchais : simplicité, générosité, échanges. »

 

 

Quel est le retour par ville, ce nombre est-il en progression ?

Je pense qu’il est de 5 à 6 en moyenne, mais je ne suis pas à la recherche du record. Les pièces sont posées de manière aléatoire, dans des lieux ou seule la curiosité peut arrêter les gens. Je pourrais cibler des lieux  »street art » et avoir plus de retours, mais j’aime l’idée d’aller à la rencontre de gens qui n’ont pas naturellement d’attirance pour ce courant artistique. Et puis il est plus facile de recevoir que de redonner. D’une manière générale, toutes les œuvres sont trouvées. Ensuite elles ont leur propre vie, appréciées, abandonnées, offertes, non revendiquées…

Les prochaines villes Pour TaKe Me? Barcelone le 21 & 22 septembre, Venise le 7 & 8 Novembre seront les 12ème et 13ème ville investies pour un total de 312 réalisations offertes et Nancy entre Décembre et Mars pour un hommage à CharlElie Couture qui aura un grande rétrospective de son œuvre dans sa ville natale pendant cette période. C’est une personne que j’aime beaucoup.   home-sept-a-nov-2014

« Le plus long retour : toujours à Paris, 5 mois après la pause ( Merci Marion). »

Pour suivre tous les projets TaKe Me, c’est sur le site d’Alex Tréma

Toutes les photos sont extraites du site d’Alex Tréma.

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Pourquoi Dior et la photographie ?

Posté le 08 sept. 2014 dans 08 sept. 2014 dans Billets

Pourquoi Dior et la photographie ?

Granville c’est un peu loin en Normandie, mais il y a là-bas la maison d’enfance de Christian Dior. Transformée depuis plusieurs années en musée, la villa les Rhumbs accueille pour la saison une exposition sur les rapports étroits de la photo et la maison Dior.   Barbara Jeauffroy Mairet, commissaire associée a eu la gentillesse de nous raconter les coulisses de la préparation.

Pourquoi avoir choisi la photographie ?

Ce thème n’avait encore jamais été abordé dans nos expositions. Ca a été pour nous l’occasion de faire des recherches spécifiques : le fond Condé Nast, le fond du magazine Elle, des recherches au musée des arts décoratifs et au musée Galliera.

Nous avons procédé à un dépouillement systématique (pour le magazine Elle jusqu’en 1964). Cela nous a permis de faire de jolies découvertes.

La photo est-elle abordée uniquement sur la période Christian Dior ?

Non, la photo est prise en compte pour la vie de la maison Dior, de son fondateur à Raf Simons. Les photographes présentés sont entre autre Irving Penn, Horst, Sarah Moon mais aussi Patrick Demarchelier et Inez van Lamsveerde Vinooh Matadin qui sont très présents aujourd’hui dans la maison Dior.

Inez van Lamsweerde et Vinoodh Matadin, 2012. Dans la galerie des Glaces du château de Versailles, robe de la collection Prêt-à-Porter automne 2012. © Inez van Lamsweerde et Vinoodh Matadin.

Inez van Lamsweerde et Vinoodh Matadin, 2012.
Dans la galerie des Glaces du château de Versailles, robe de la collection Prêt-à-Porter automne 2012. © Inez van Lamsweerde et Vinoodh Matadin.

Dominique Isserman nous a accordé une interview. Ses tirages présentés à Granville sont d’une qualité exceptionnelle. Elle en a supervisé l’exécution et cela procure beaucoup d‘émotions en observant ses photos.   C’est une démarche que nous avons privilégiée : avoir le maximum de tirages originaux et validés par le photographe quand cela était possible.

La photo est un art et le tirage est primordial.

Nous avons eu pour l’exposition le prêt d’un tirage original de Peter Knapp par le musée Nicéphore Nièpce de Châlon sur Saône.

 

 

Il y a t’il une photo mythique de présentée dans l’exposition ?

  Oui, la fondation Pierre Bergé YSL nous a prêté la photo « Dovima et les éléphants » de Richard Avedon qui date de 1955. Christian Dior était encore vivant mais il est avéré que la robe de la photo « Soirée Paris » a été créée par Yves Saint-Laurent. Cette photo a été fprise pour le Harper’s Bazaar. Le tirage présenté a vraisemblablement été offert à Saint Laurent par Avedon lui même. C’est encore plus émouvant. Pour l’occasion nous avons rencontré Emilien Bouglione qui se souvient de la séance photo. Les éléphants étaient ceux du cirque Bouglione (Article à retrouver dans le catalogue de l’exposition)

Photo extraite du catalogue de l'exposition Dovima et les éléphants- Ricahrd Avedon (c)defilenarchive.com

Photo extraite du catalogue de l’exposition
Dovima et les éléphants- Richard Avedon ©defilenarchive.com

 

 

Comment s’est fait le choix des robes présentées au musée ?

  200 tirages photographiques sont présentés dans l’exposition et 60 robes issues de ces photos sont exposées ce qui est formidable.   L’exposition s’articule en plusieurs thèmes. Au rez-de-chaussée on retrouve les photos mythiques de la maison Dior avec entre autre la célèbre composition de Loomis Dean qui montre les mannequins sur un escabeau. La scénographie met les vêtements en résonance avec les tirages photos. Par exemple pour cette photo, les robes sont présentées dans la même position.

Il y a cette année un très gros travail de scénographie avec un nouveau partenaire, l’agence Alighieri. Beaucoup de nouveautés muséographiques avec des blocs vitrines remodelés qui incluent un vrai sol technique.

Toutes les parties de la maison ont été reprises, en particulier le bureau du père de Christian Dior.   Une salle tendue de toile de Jouy rappelle la boutique Colifichets de 1947, et montre des photos ayant trait au voyage.   Il y a aussi d’autres tableaux : De Paris à Versailles pour les thèmes en extérieurs ou encore le cycle d’une journée. Les vêtements répondent aux photos. La couleur est utilisée de manière monobloc.

Norman Parkinson, 1950. Robe Mozart, collection Haute Couture printemps-été 1950, ligne Verticale. © Copyright Norman Parkinson Ltd/Courtesy Norman Parkinson Archive

Norman Parkinson, 1950.
Robe Mozart, collection Haute Couture printemps-été 1950, ligne Verticale. © Copyright Norman Parkinson Ltd/Courtesy Norman Parkinson Archive

  Au dernier étage c’est le photographe photographié avec le mannequin Bettina portant la robe « Grand Mogol » sur la place de la Concorde.   La dernière pièce restitue le bureau d’une rédactrice en chef et montre à la fois le travail de stylisme avec les robes sur un portant et le travail de photographie qui est fait dans les magazines, en montrant comment l’image peut être modifiée, retravaillée. Cette pièce toute rose est très ludique. Elle présente aussi un all over de couverture de magazine de photos de Dior, comme un jeu dans l’exposition.   A noter le beau catalogue, véritable complément de l’exposition.

Henry Clarke, 1956. Chapeau du modèle Raout, collection Haute Couture printemps-été 1956, ligne Flèche. © Henry Clarke/Galliera/Roger-Viollet, © Henry Clarke, Musée Galliera/Adagp, Paris 2014.

Henry Clarke, 1956.
Chapeau du modèle Raout, collection Haute Couture printemps-été 1956, ligne Flèche. © Henry Clarke/Galliera/Roger-Viollet,
© Henry Clarke, Musée Galliera/Adagp, Paris 2014.

« Dior, images de légende »

http://www.musee-dior-granville.com/ jusqu’au 21 Septembre 2014

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Papier glacé, le génie de Condé Nast

Posté le 19 mai 2014 dans 19 mai 2014 dans Billets

Papier glacé, le génie de Condé Nast

En voyant le titre de l’expo, j’étais un peu dubitative : pourquoi Galliera consacrait une exposition entière sur la photo de magazine, était-ce juste un partenariat pour le musée ? Et puis en allant visiter l’exposition j’ai totalement changé de sentiment.

Vogue parait dès 1892, il est racheté par l’éditeur Condé Nast en 1909. Il achètera aussi Vanity Fair et plus récemment W. Ce qui fait la force de ces publication c’est avant tout la direction prise dès le début : les meilleurs artistes photo pour un magazine luxueux s’adressant à un lectorat avisé. 

En 1923 c’est Edward Steichen  qui prend la tête de la direction photographique des publications Condé Nast. Il impose son talent et son goût très raffiné. Pour les photographes, travailler avec ce groupe c’est souvent sur du très long terme (Irving Penn 60 ans, ou  Steven Meisel 25 ans…).

Les  7 cimaises proposent chacune un thème : les intérieurs luxueux habités par d’élégantes créatures, les scènes en extérieur, idée dynamique et novatrice, avec mise en scène d’une femme décidée et sophistiquée, en mouvement dans la ville.

© Pierre Antoine

© Pierre Antoine

L’éloge du corps est très liée à la genèse du magazine, qui a dès le début de sa parution proposé des pages beauté et santé à ses lectrices. Il est intéressant d’ailleurs dans le choix des photos de voir comme le corps s’est transformé au fil du temps : de sain, il est devenu totalement conceptualisé comme dans la photo de Sølve Sundsbø qui fait perdre toute densité au profit d’une représentation lisse et irréelle. Herb Ritts dans les années 80 montre surtout des corps érotisés à l’extrême. A noter de jolies concordances comme une série sur la roue et le cerceau dans cette partie de l’exposition.

D’autres thèmes sont présents,  comme la nature morte qui met en scène le corps, le découpe en morceaux,  en le rendant support  d’accessoires ou de fantasme.

John Rawlings, Vogue américain, mars 1943 © 1943 Condé Nast

John Rawlings, Vogue américain, mars 1943 © 1943 Condé Nast

La partie silhouette, montre que le corps (toujours) s’inscrit dans un cadre plus large avec des codes personnels. C’est l’invention d’un nouveau langage universel et graphique. Le flou très contrasté de Paolo Reversi ou le jeu graphique d’Erwin Blumenfeld en sont de parfaites illustrations.

Edward Steichen, Vogue américain, décembre 1923 © 1923 Condé Nast

Edward Steichen, Vogue américain, décembre 1923 © 1923 Condé Nast

Même si les portraits présentés sont très différents, ils ont un point commun, la complicité du photographe et  de son modèle. La danseuse Leonore Hugues en 1923 par Edward Steichen montre une confiance aussi forte que le portrait de Peter Lindberg mettant en scène les top models de la décennie : Lynne Koester, Ulli Stein Meier, Cindy Crawford et Linda Evangelista. Il est intéressant et émouvant de constater que selon les époques les noms des modèles apparaissent aussi au même titre que le photographe.

Peter Lindbergh, Vogue Italie, mars 1989 © Peter Lindbergh

Peter Lindbergh, Vogue Italie, mars 1989 © Peter Lindbergh

Enfin la fiction, qui existe depuis le début mais s’accentue avec les années 70. On reste dans l’esprit de Cecil Beaton et on peut aussi ressentir l’époque  comme la photo de Clifford Coffin dans le vogue anglais qui présente une femme en robe de soirée dans un escalier en ruine.

La muséographie est très agréable, les cimaises blanches à tranche noire contrastant joliment avec le parquet du musée. Le format des photos varie  mais respecte une bonne hauteur de vue. Et les vêtements ? Une sélection courte mais efficace est mise en parallèle dans des vitrines en verre et bois clair individuelles. On peut les admirer sous toutes les vues, à l’exception de celles qui sont plaquées sur le rideau foncé du fond de la salle centrale.

© Pierre Antoine

© Pierre Antoine

Les cartels, agréables à lire, sont quelquefois poétiques : manteau du soir de Jacques Doucet : Soie cyclamen brodée de fil de soie flochée et fil d’argent. Bordure de cygne rose et fermoir métal. Deux salles en longueurs présentent  une sélection de magazines ouverts, ponctués d’écrans numériques qui tournent les pages seuls. Cette installation est intéressante car elle remet les photos à leur dimension habituelle, moins spectaculaire que l’accrochage, la difficulté du format magazine est visible. Un regret, que le dispositif numérique ne soit pas interactif.   A noter que le spectacle était sur les murs autant que dans les salles, car l’exposition intéresse aussi un public averti issu des écoles de mode.

Au final, Papier glacé, par son cheminement thématique à travers le siècle, permet de prendre du recul et d’admirer le talent des photographes retenus. La correspondance avec les œuvres de Galliera réenchante le vêtement et le remet au cœur du magazine.

Palais Galliera, à découvrir jusqu’au 25 Mai 2014

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Mettre en lumière le patrimoine unique des marques de luxe : des trésors à redécouvrir