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Révélation au Grand Palais : catalyseur de talents

Posted the 06 Oct 2015 in 06 Oct 2015 in Billets

Révélation au Grand Palais : catalyseur de talents

La deuxième édition de ce salon consacré aux métiers d’art s’est tenue à Paris du 10 au 13 septembre. Des entreprises au savoir-faire ancien ou modernisé ont pu présenter leurs œuvres et leurs services.

Conjointement une exposition de créateurs coréens sélectionnés par la Korean craft & design foundation était mise en valeur. La Corée du sud (dont c’est l’année en France) est réputée pour l’excellence de ses métiers d’art.

Difficile de décrire le plaisir procuré par cette manifestation : la nef du Grand Palais sous le soleil et des stands plus beaux les uns que les autres. Céramique, textile, bronzier, joaillier… La liste est longue des spécialités présentes. Plutôt que de dérouler un inventaire à la Prévert long et un peu soporifique, j’ai préféré me concentrer sur le portrait de quelques entreprises ou personnalités qui m’ont touchée par leur esthétique et leur savoir-faire.

Nef du Grand Palais, salon Révélations © De fil en archive

Nef du Grand Palais, salon Révélations
© De fil en archive

La pièce coréenne qui m’a le plus impressionnée est celle de Jaehyo Lee. Douce au toucher, elle est très antinomique car constituée de troncs de pins polis au millimètre.

Jaehyo Lee, salon Révélations  @De fil en archive

Jaehyo Lee, salon Révélations @De fil en archive

Place au cuir !

 

Sur le grand stand consacré aux métiers du cuir, on pouvait admirer quelques réalisations en matière de gants et de souliers : Perugia, Roger Vivier, etc. Ce qui était plus inhabituel c’était de voir les formes pour couper les gants, les différentes textures de cuir, la gamme des couleurs.

Peau et gants ©De fil en archive

Peau et gants
©De fil en archive

 Forme de coupe de gant ©De fil en archive

Forme de coupe de gant ©De fil en archive

Qui dit cuir dit aussi chaussure dit ici bottier. Hervé SALABERT est meilleur ouvrier du France. Avec gentillesse et pédagogie il a présenté son travail pendant le salon expliquant le patient travail de la mesure. Pour une paire de soulier sur-mesure, on commence par travailler sur la toile d’essayage (cuir moins noble que le cœur de la peau, utilisé pour le montage final). Pour vérifier que la forme est confortable, la toile est ouverte à différents endroits pour vérifier le confort du chaussant. Une paire de soulier sur mesure (à l’atelier John Lobb) nécessite 40 à 50 heures de travail, ce qui explique le prix. Il faut savoir qu’une paire fabriquée de cette manière peut être réparée au moins 7 fois et peut vivre 30 ans au pied de son propriétaire.

©De fil en archive

©De fil en archive

Une anecdote touchante est celle d’un jeune homme qui est venu le voir avec la paire de soulier de son grand-père. Son vœu étant de pouvoir les porter le jour de son mariage. Cette paire avait été remarquablement entretenue et les morphologies étaient très proches. Les chaussures ont été remontées pour être remises en forme et le souhait du jeune homme a été exaucé : un bel exemple de transmission !

Le bottier MOF Hervé SALABERT   ©De fil en archive

Le bottier MOF Hervé SALABERT ©De fil en archive

Ce qu’explique ce bottier c’est aussi la complémentarité des profils de l’atelier : mesure, forme, patronage, coupe, piqûre… Chacun a sa spécificité.

Le renouveau du papier peint

 

L’atelier d’Offard est une entreprise familiale crée par François-Xavier Richard, artisan d’art et créateur de papiers peints à la planche, qui a remis au goût du jour les techniques d’impression au tampon du XVIIIe et XIXe siècle. Nouveaux outils, modernisation des techniques, mais au service de la modernité. Cette entreprise maîtrise des savoir-faires traditionnels comme la tontisse ou le gaufrage. Il faut voir de visu ces feuilles peintes, tamponnées, qui offrent un répertoire incroyable de motifs et d’effets. Difficile de ne pas penser à l’impression sur étoffe et ses tampons (Musée de l’impression sur étoffe de Mulhouse) qui part du même concept.

La tontisse consiste à appliquer sur une feuille (préalablement peinte) de la colle et de la poudre de soie ou de laine. L’effet est d’une délicatesse absolue. Cette technique a été utilisée pour une œuvre spécialement présentée pour le salon et réalisée avec la maison d’édition Of XXI, éditeur d’espaces, jeune maison d’édition, invente de nouvelles approches autour de l’espace mural. La collaboration entre Of XXI et l’Atelier d’Offard donne naissance à l’oeuvre «Les Zones Inexplorées», un panoramique imprimé à la planche en 9 couleurs de tontisses (flocage) dans le respect du savoir-faire ancestral des grandes manufactures. Pour ce projet , la maison d’édition interroge le matériau «papier-peint» comme vecteur privilégié des langages.

Les Zones Inexplorées © Atelier d'Offard

Les Zones Inexplorées
© Atelier d’Offard

Les Zones Inexplorées © Atelier d'Offard

Les Zones Inexplorées
© Atelier d’Offard

Capable de s’adapter à des visions graphiques comme Dandelion d’Emmanuel Bossuet, réalisation des papiers dominotés gaufrés pour la galerie Armel Soyer à Paris ou au contraire à des pièces historiques comme le panneau réalisé pour l’exposition Sienne du musée des Beaux Arts de Rouen.

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Dandelion, atelier d’Offard Ph. Gilles Pernet / courtesy galerie Armel Soyer

Dandelion Emmanuel Bossuet, atelier d'Offard Ph. Gilles Pernet / courtesy galerie Armel Soyer

Dandelion Emmanuel Bossuet, atelier d’Offard Ph. Gilles Pernet / courtesy galerie Armel Soyer

D’autres métiers d’arts à découvrir bientôt…

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On passe au Jardins, jardin ?

Posted the 16 Jun 2015 in 16 Jun 2015 in Billets

On passe au Jardins, jardin ?

Si Jardins jardin n’est pas nouveau (c’est la 12eme édition), c’était pour moi la première fois. J’avoue que j’avais un peu peur d’une vision ultra citadine du jardin, un peu comme une nature réinventée pour parisiens en mal de nature. Et bien pas du tout ! Le lieu est bien aménagé et les choix des exposants très pertinent. Le thème de cette année était précisément « La ville heureuse », avec de nombreuses idées pour aménager terrasses et balcons surtout.

Nichée près de la Seine, juste en face du musée d’Orsay, l’espace est réparti en plusieurs pôles : innovations et création en haut des escaliers, horticulteurs, jardins paysagés, antiquaires du jardin et produits autour du jardin. Ce qui fait pour moi l’intérêt de ce salon, c’est que rapidement on oublie le temps, et je me suis mise à flâner, respirer, regarder. La sélection des exposants est vraiment de très bonne qualité pour tous les secteurs.

Quelques surprises

 

Ma découverte la plus gracieuse de ce salon, vient de l’entreprise de la plume à la bêche (gagnants du concours de l’innovation 2014). Cette jeune entreprise propose la création d’une sorte de tonnelle sur-mesure adaptée à votre espace, c’est la Cabane Polypode®.  Ses pieds reposent dans des bacs où la végétation est choisie pour se développer harmonieusement par strates. L’impression qui s’en dégage est éminemment poétique et transforme à coup sur l’espace autour d’elle.

Cabane Polypode® La plume & la bêche  © De fil en archive

Cabane Polypode® La plume & la bêche
© De fil en archive

Cabane Polypode® La plume & la bêche  © De fil en archive

Cabane Polypode® La plume & la bêche
© De fil en archive

Cabane Polypode® La plume & la bêche  © De fil en archive

Cabane Polypode® La plume & la bêche
© De fil en archive

Le corten, ça vous dit quelque chose ? Moi rien du tout jusque là. Mais je crois pouvoir dire que c’est la tendance en matière de bacs à fleur. Cet acier à la propriété de s’auto-patiner, évitant ainsi la rouille et c’est désagrément. Evidemment c’est nettement plus cher et plus lourd que les productions plastiques même de bonne qualité mais quasiment toutes les sociétés présentes en exposaient, exception faite de du paysagiste Mathieu Eymin avec le projet Coal Design©, mobilier en bois brûlé.

Francis Murat, jardinière en corten © De fil en archive

Francis Murat, jardinière en corten © De fil en archive

Coal Design©, mobilier en bois brûlé

Coal Design©, mobilier en bois brûlé

 

Les piscines c’est agréable mais ça occasionne de gros aménagements et un entretien régulier. L’entreprise Doodoopool prend le problème à l’envers et propose une petite piscine design, personnalisable et prête à l’emploi sans avoir à creuser son jardin. Tout est fourni et nécessite juste un point d’eau et une prise de courant. Ensuite à vous de vous en servir comme jacuzzi, pour une séance d’aquabiking ou de marche aquatique avec tapis de de course. Fabriquée en France, les façades sont personnalisables et la conception responsable.

Piscine ultra-compacte ©doodoopool

Piscine ultra-compacte ©doodoopool

Terrasses paysagées

Une multitude de terrasses originales permettent de mettre en avant une entreprise, un organisme ou même un pays.

La réalisation consacrée à la Tunisie était saisissante de beauté avec ses briques de Tozeur qui faisaient voyager très loin du jardin des Tuileries.

Tunisie, jardins, jardin © De fil en archive

Tunisie, jardins, jardin
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La marque de cosmétiques allemands Docteur Hauschka, créée en 1967 présentait au travers de son jardin certaines plantes utilisées dans ses soins. Loin d’être anecdotique, cette marque possède même une ferme labelisée Demeter (pionner en ressources durables). Coing, marguerite, rose sont quelques unes des espèces utilisées. Protocoles et écologie font partie intégrante des soins.

Docteur Hauschka, Jardins, jardin © De fil en archive

Docteur Hauschka, Jardins, jardin © De fil en archive

 

Le design et les antiquités

Les puces de Saint Ouen et les antiquaires de la rive gauche avaient sorti leurs plus belles barbotines bancs et miroirs à motifs floraux, pour une ambiance bucolique.

© De fil en archive

Banc courbe (et très long) © De fil en archive

© De fil en archive

Banc en ger forgé peint à motifs de feuilles © De fil en archive

Dans le labyrinthe végétal des quatre saisons des pépinières Lappen, les sculptures de Jean Marc de Pas ponctuaient chaque fausse route gracieusement.

Labyrinthe, scuplture Jeam Marc de Pas © De fil en archive

Labyrinthe, scuplture Jeam Marc de Pas © De fil en archive

Beaucoup d’entreprises présentes travaillent sur l’aménagement en totalité d’un espace en combinant plusieurs profils techniques (le pack), ou aident les plus pressés en proposant de préparer les jardinières de vos fenêtres.

JARDINS, JARDIN AUX TUILERIES, le Pack

JARDINS, JARDIN AUX TUILERIES, le Pack

En matière de design, Lauren Germain et Aurore Pulwermacher, étudiantes à LISAA ont conçu Res’t’ool qui permet à la fois de s’asseoir et de ranger ses outils, une jolie idée.

RES'T'OOL projet Lisaa 2015

RES’T’OOL projet Lisaa 2015

Jardins jardin est vraiment une jolie vitrine de la vivacité du monde du jardin, de l’envie de nature même avec trois pots de plantes aromatiques. Les innovations vont vers plus de recyclage, et de convivialité. L’année prochaine, laissez-vous tentez, dépaysement assuré l’espace de quelques heures.

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Déboutonner la mode : plongez dans une boite à boutons !

Posted the 23 Feb 2015 in 23 Feb 2015 in Billets

Déboutonner la mode : plongez dans une boite à boutons !

Déboutonner la mode est la nouvelle grande exposition du musée de la mode et du textile. Enfant je pouvais passer des heures à jouer avec la boîte à boutons de ma maman. Tout retourner, les trier, par couleurs, formes, motifs, c’était un vrai trésor ! Entrer dans cette exposition c’est un peu retrouver ce plaisir, les explications en plus.

En 2012, le collectionneur Loïc Allio fait don de sa collection de boutons au musée. Véronique Belloir, commissaire de l’exposition et chargée des collections au musée Galliera raconte le travail minutieux qu’elle a réalisé avec son équipe et le photographe Patrick Gries pour organiser, classifier, répertorier.

« C’était un travail colossal » Véronique Belliard

La thématique

Pour comprendre le bouton, l’exposition commence par une vitrine sur les matériaux utilisés. Si la nacre ou le bois sont connus de tous, le champ des possibles est immense, métal, papier, passementerie de soie mais aussi par exemple peau d’éléphant ou pain… Ces grandes boîtes qui font correspondre objets et boutons sont très esthétiques et didactiques.

Matières ©De fil en archive

Matières ©De fil en archive

Le costume masculin

Si la fonction du bouton est évidente, on apprend que son usage commence vraiment au XIIIe siècle. Le plus ancien spécimen de cette collection remonte au Ve siècle avant J-C et provient de la région de l’Ordos en Chine. Ici on comprend que le bouton au XVIIIe siècle et d’abord une histoire d’homme. Il orne le costume masculin et peut être la déclinaison du motif principal du tissu. Ame d’os, ou de bois il est recouvert de métal lamé et de passementerie.

Il devient aussi une manière d’afficher des penchants et des opinions avec des scènes miniatures. Le vêtement masculin est très codifié et à la fin du siècle, un habit comporte 18 boutons et seuls 2 ou 3 sont fonctionnels. Le bouton devient alors un objet de luxe d’orfèvrerie qui perd sa fonction première.

©Luc Boeglj

©Luc Boeglj

La mode à la hussarde

En 1808 les vêtements adoptent des proportions « à l’antique » et la passementerie en tresses et triple rang de boutons du Dolman (veste du folklore hongrois).

©Luc Boeglj

©Luc Boeglj

L’anglomanie

C’est avec cette mode que le bouton devient aussi un élément du vestiaire féminin. La robe dite redingote se porte avec un gros jupon de linon blanc. Les coupes et les tissus sont sobres. C’est un grand succès de la fin du XVIIIe siècle.

©De fil en archive

©De fil en archive

Le second empire

Pour la femme, d’ornement le bouton reprend une place fonctionnelle. Séparant sagement le vêtement symétriquement, il enferme chastement le corps, pour laisser la place à l’esprit, à la pensée selon les idées en vogue. De même pour l’homme le boutonnage prend le pas sur le bouton (différence subtile). Il continue néanmoins par sa position sur les gilets à dicter les codes de l’élégance. Brumell inspire ces nouveaux usages.

Le japonisme

Dans la deuxième moitié du XIXe siècle, ce courant touche tous les domaines : mobilier, bijoux, vêtements et… boutons. Les lignes deviennent sinueuses et les motifs sont stylisés. Le bouton devient tellement précieux qu’il devient alors un cadeaux à part entière, présenté par série dans des écrins comme pour un bijou.

©Luc Boeglj

©Luc Boeglj

©De fil en archive

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Fermer et orner

1880, le corset est bien fermé. Les boutons prennent une autre dimension sociale, car ils sont boutonnés dans le dos. Difficile alors de s‘habiller seule… Le devant de l’habit reste sage. On trouve néanmoins quelques boutons dissimulés au niveau du col qui cache parfois des scènes érotiques.

Peu à peu, le bouton prend son envol. Trente mille personnes travaillent pour cette industrie. De véritables capitales industrielles se créent. Méru dans l’Oise travaille la nacre, Briare la céramique émaillée avec un procédé industriel innovant. Les vitrines présentent nombres de planches de boutons, un « tire bouton » utilisé pour les minuscules boutons de bottines, ainsi que de nombreux exemples de sous-vêtements.

©De fil en archive

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Le point d’équilibre

La silhouette féminine évolue et l’ornement aussi. C’est l’apparition de minuscules boutons « en soutane ». Paul Poiret les place au cœur de ses créations. Pour illustrer cette période la scénographie utilise des tirages grandeur nature de photos en fond de vitrine qui se juxtaposent aux mannequins portant les vêtements, donnant une impression vivante sans artifice numérique.

©Luc Boeglj

©Luc Boeglj

La dernière salle du rez-de-chaussée est consacrée à Henri Hamm (1871-1961). Neuf cents pièces issues de son atelier sont présentées, se démultipliant dans les miroirs. Peints ou teints, sa production est variée et présente un goût marqué pour la couleur. Ces inspirations sont issues de la faune et de la flore. Cette multitude n’est en rien monotone grâce à des regroupements par couleurs, matières, formes…

©De fil en archive

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Hamm ©Luc Boeglj

Hamm ©Luc Boeglj

Le second étage de l’exposition consacre la création du XXe siècle. Deux matières apparaissent : la Galalithe et le celluloïd, permettant d’obtenir de la brillance et une infinité de formes.

Les années 30 et 40 marque l’émergence des paruriers. Ces artisans se spécialisent : Rousselet travaille la perle, Lemarchand, le cuir et Scemama le bouton fantaisie. C’est aussi la période où la géométrie, la coupe et l’abstraction sont à l’honneur. Le bouton répond au tissu. Chez Vionnet on trouve de gros boutons boules et plats. C’est l’apogée de la simplicité des formes.

Ce qui est intéressant avec les boutons, c’est leur adaptation à la situation. Par exemple en 1925, les robes raccourcissent et la mode est aux bas de soie couleur chair. Les jarretelles sont amovibles et les petits boutons de nacre fantaisies se placent à cet endroit caché. L’exposition présente de ravissants exemples de visages peints sur de la soie.

©Patrick Gries

©Patrick Gries

En 1940, le bouton devient patriotique, il égaye les habits de l’occupation en étant parfois la seule touche de couleur. A la libération il devient un moyen d’exprimer ses convictions.

François Hugo

Ce célèbre parurier, descendant de Victor Hugo, est au cœur même de l’avant garde artistique et de la haute-couture. Il travaille avec Picasso, côtoie Arp, Matta, Ernst, Derain et Cocteau… De 1939 à 1955, il fabrique des boutons pour la haute-couture. Ses matériaux ne sont pas conventionnels. Il peut partir de fils électriques tordus, plissés, tressés, aplatis, mais aussi de cailloux sertis d’or.

©Patrick Gries

©Patrick Gries

Les grands couturiers lui font confiance, comme Christian Dior, Jacques Fath ou Gabrielle Chanel. Il développe une grande complicité avec Schiaparelli pour laquelle il utilisera des refusés de Chanel. Sa production est très variée et créative.

Les couturiers des années 50 et les paruriers

La dernière partie de l’exposition s’intéresse aux couturiers célèbres et à leur usage du bouton. C’est en effet pendant cette période que les paruriers font du bouton un pendant du vêtement, véritable bijou fantaisie unique.

Elsa Schiparelli puise son inspiration dans le surréalisme. Elle propose des défilés à thèmes comme l’astrologie, le cirque, les papillons. Elle envisage les boutons comme des détails précieux, surdimensionnés et décoratifs. Les boutons deviennent papillons, cigales mordorées ou coléoptères. Pour ce travail incroyable, c’est Jean Schlumberger qui réalise les idées d’Elsa. Il invente dans son atelier de joallerie boutons, broches, peignes. Il emploie de l’émail du métal, des perles de verre comme sur ce couple d’autruches à pendeloques.

©De fil en archive

©De fil en archive

©De fil en archive

©De fil en archive

Jean Clément travaille lui aussi pour Schiaparelli avec de la résine et de l’émail, produisant entre autre des formes d’objets ou d’instruments de musique.   Christian Dior renouvelle ses formes de boutons à chaque nouvelle collection. Il travaille avec Roger Jean-Pierre et Francis Winter. La maison Gripoix produit les boutons de Chanel qui leur donnent une allure quasiment militaire. Pour Balenciaga, le boutonnage rythme le vêtement et les boutons sont ouvragés et plats.

©De fil en archive

©De fil en archive

Yves Saint Laurent leur accorde tellement de place qu’ils sont préfigurés sur les toiles des vêtements. La scénographie reproduit les plateaux de boutons qui étaient toujours disponible dans son studio de création.

©De fil en archive

©De fil en archive

Courrège avec ses silhouettes simples et graphiques choisit de simples pastilles de plastique.

@Musée de la mode et du textile

@Musée de la mode et du textile

Une dernière salle accentue cette proximité entre artiste et bouton d’art en présentant les travaux de nombreux artistes comme Sonia Delaunay ou Line Vautrin.

L’article est long mais l’exposition est fleuve. La scénographie donne une proximité plaisante avec les œuvres car les mannequins sont proches des vitrines, sans piedestal. Pas de lassitude car chaque section se renouvelle, alternant des séries de photos, des boutons bien sûr, mais aussi des univers propres aux paruriers ou aux créateurs. A noter un effort important sur la taille des cartels et les numéros auxquels ils se réfèrent. L’obscurité est de mise et rend l’ensemble solennel.

Deboutonner la mode

Musée de la mode et du textile

jusqu’au 19 juillet 2015

 

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Swedish Fashion Goes Paris : à la découverte de la mode suédoise !

Posted the 06 Oct 2014 in 06 Oct 2014 in Billets

Swedish Fashion Goes Paris : à la découverte de la mode suédoise !

A l’institut suédois à Paris se tient une exposition pour découvrir l’essence même de la mode suédoise. Quand on pense Suède, on visualise évidemment des marques comme H&M ou COS (même groupe) ou des matières brutes, le jean omniprésent (Acne) et des matières chaudes, du jacquard, des semelles de bois traditionnelles (Kerstin Adolphson) et de ravissants bracelets en cuir de renne. Eh bien dans cette exposition on enrichit sensiblement notre vision.

L’exposition est tirée de celle qui s’est tenue à Stockholm cet été au Sven-Harry’s Art Museum, orchestrée par Cia Jansson du Elle Suède et Michael Elmenbeck. L’exposition est courte, mais percutante. Chaque pièce représente presque un manifeste à elle seule.

La photographie

 

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Johan Sandberg, paysage ©Defilenarchive

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Johan Sandberg, photo ©Defilenarchive

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Johan Sandberg ©Defilenarchive

La photo de mode suédoise est intrinsèquement liée aux paysages, et à un sentiment de tranquillité. Cependant il ne faut pas s’y fier, car la nature dans les clichés de Johan Sandberg agit comme une toile de fond, muette. Son rapport à la lumière est directement lié à l’importance de celle-ci en Suède (journées sans fin ou au contraire nuits très longues). Il joue avec les ombres et les différentes nuances de gris, mettant ainsi en valeur les expressions personnelles de ses sujets.

Dans les œuvres présentées, ce qui domine c’est une esthétique très froide, mais avec une lumière maîtrisée qui nimbe et ne découpe pas les sujets. Ils sont mis en avant avec subtilité, sans optimisme mais avec précision.

L’artisanat et le savoir-faire

 

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© Bea Szenfeld, collection Sur la plage, bustier en sequins géants porté par Björk.

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Sandra Backlund, top en laine et mohair, tricoté main, printemps 2007 photo ©Defilenarchive

Dans les années 2000, les créateurs suédois comme Sandra Backlund, Bea Szvenfeld ou Fifth Avenue Shoe repair remettent l’artisanat à l’honneur. Les créations sont souvent des pièces uniques, ce qui permet un travail très élaboré sans contrainte de production. Les matières les plus variées sont alors choisies : papier, laine, métal, paillettes. Tout est bon pour créer des œuvres très graphiques. Il s’agit d’utiliser les techniques traditionnelles pour un résultat innovant. La laine devient sculpture, le papier est utilisé comme un savant origami géant à mi-chemin entre la plume et la représentation d’une molécule, les sequins créent une cuirasse de pastilles brillantes.

Le volume

©Defilenarchive

Bea Szenfeld robe de papier, 2014, créée exclusivement pour l’exposition Swedish fashion 2000-2015 ©Defilenarchive

Cette profusion de techniques et d’amoncellements conduit naturellement à une autre évidence : la mode suédoise aime le volume. Les vêtements ne cherchent pas à magnifier une ligne ou une courbe, ils en créent de nouvelles ! Le corps disparaît, enveloppé, support d’une allure inédite. Tricot, papier, sont autant de petits modules qui semblent proliférer harmonieusement mais indépendamment du vêtement lui même. C’est particulièrement vrai pour le travail de Sandra Backlund, gagnante du Festival de Hyères en 2007.

@Defilenarchive

Sandra Backlund, top en origami fait à la main, papier, AH 2007 ©Defilenarchive

Les couleurs

 

©Johan-Sandberg

©Johan-Sandberg

 

Dans la mode suédoise, on trouve aisément du blanc, du noir, toute une palette de teintes sourdes et quelquefois des explosions de couleurs vives: un rouge incandescent, un rose tyrien, un jaune éclatant. Dans les exemples de l’exposition c’est surtout l’équation une pièce = une couleur. Ca brille sans être clinquant. Les pièces sont fortes, graphiques et parfois agressives. Elles ne laissent pas indifférent.

Le vestiaire masculin/féminin

 

©-Benjamin-Vnuk

Les créateurs pour le prêt à porter, privilégient une approche mixte (pas pour tout bien sûr…). Beaucoup de vestes, de chemises, de pantalons cigarettes, de boots et de chaussures inspirées du vestiaire masculin. L’idée reste de mélanger le meilleur des deux, de mélanger les formes et d’obtenir un nouveau répertoire.

L’exposition

Si ne vous connaissez pas l’institut suédois, c’est l’occasion de programmer une petite balade dans le Marais. Le lieu est superbe, l’hôtel de Marle abrite entre autre une cour intérieure et un jardin.

Institut suédois, façade vue du jardin ©defilenarchive

Institut suédois, façade vue du jardin ©defilenarchive

La scénographie se présente comme une grande vague d’ardoise noire, ponctuée de mannequins. Seuls le nom du créateur et la date du vêtement exposé sont écrits directement à la craie sur le socle. Pas de vitrine pour protéger les œuvres (comme pour l’exposition sur les années 50 à Galliera). Les photos et les illustrations répondent en contre-point. Une vidéo du Beckman’s College of Design complète le dispositif.

©Defilenarchive

©Defilenarchive

A ne pas manquer non plus les nombreuses illustrations exposées (en particulier dans la montée d’escalier). Elles témoignent de la richesse de techniques employées, avec beaucoup de dessins et d’aquarelles, qui montrent la vivacité de la création suédoise.

©-Lovisa-Burfitt

©-Lovisa-Burfitt

Exposition visible à l’Institut Suédois jusqu’au 19 octobre 2014 11 rue Payenne, 75003 (métro Saint Paul) https://paris.si.se/ Plusieurs activités sont proposées autour de l’exposition.

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Femmes berbères du Maroc, expo en immersion

Posted the 03 Jun 2014 in 03 Jun 2014 in Billets

Femmes berbères du Maroc, expo en immersion

Entrer dans cette fondation, pour cette exposition en particulier, c’est vivre un vrai dépaysement. On quitte l’avenue Marceau pour se retrouver propulsé directement au Maroc : les couleurs chaudes, la musique, et les photos en noir et blanc, de Jean Besancenot entre autres, projetées au mur, permettent de se plonger dans le sujet. Un préambule à l’exposition met en place le contexte. Il faut retenir que les Imazhigen ou Berbères résistent au brassage culturel et que les femmes sont garantes de la pérennité de la tradition et de la langue. Leur culture propre est reconnue au Maroc officiellement depuis 2011 seulement. Les cartes et les photos permettent d’appréhender un peu la géographie et les distinctions entre les différents costumes.

© Fondation Pierre Bergé - Yves Saint Laurent / photo Luc Castel

© Fondation Pierre Bergé – Yves Saint Laurent / photo Luc Castel

        Les premières vitrines présentent de nombreux tapis, aux motifs géométriques, issus de tissage traditionnel ainsi que des récipients en terre cuite. Certaines pièces sont techniquement étonnantes comme la cape d’un enfant berger, tissée en une seule pièce, ou encore une couverture de selle qui reprend la forme de celle-ci.La scénographie de cette première salle est particulièrement traditionnelle, elle met en valeur le savoir-faire qui est très souvent l’apanage des femmes : tissage, vannerie, poterie. Les objets s’accumulent pour donner la mesure du répertoire graphique.

© Fondation Pierre Bergé - Yves Saint Laurent / photo Luc Caste

© Fondation Pierre Bergé – Yves Saint Laurent / photo Luc Caste

       La seconde partie nous transporte au cœur d’un ciel étoilé, émaillé de vitrines et de miroirs et de triptyques vidéo. L’impression de perte de repères s’amplifie. Les installations multimédia sont très réussies et mettent en scène sur mannequins les lourdes parures présentées. L’argent, l’ambre, le verre, les coquillages et l’émail habillent les bustes parés et répondent aux capes de laine tissées, ceintures de coquillages et jambières et mitaines de laine.

Si le goût de l’apparat est bien visible, quelques trop rares explications permettent de comprendre que ces habits avaient des spécificités de lieux, de catégories propres à chaque groupe (comme on pouvait en avoir dans de nombreuses régions du monde).

© Fondation Pierre Bergé - Yves Saint Laurent / photo Luc Castel

© Fondation Pierre Bergé – Yves Saint Laurent / photo Luc Castel

         Les parures, riches, lourdes et colorées, sont articulées en différentes pièces, dont les poétiques clés de voile, qui servent de contre poids pour les coiffures. Les pièces présentées forment un très bel aperçu de la culture berbère, l’exposition permet de s’immerger. Il n’en reste pas moins que la présentation parcellaire et un peu raide des cartels permet d’apprécier un ensemble mais pas une lecture détaillée ou didactique des pièces présentées.

Cette exposition est présentée à la fondation Pierre Bergé – Yves Saint Laurent et se fait en association avec le musée berbère du jardin Majorelle à Marrakech.

Collier de mariage ou de fête Ambre, corail, amazonite, coquillages, pièces de monnaie Région du Souss © Musée berbère / photo Nicolas Mathéus

Collier de mariage ou de fête
Ambre, corail, amazonite, coquillages, pièces de monnaie
Région du Souss
© Musée berbère / photo Nicolas Mathéus

Fondation PB-YSL

Paris, Jusqu’au 20 Juillet 2014

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