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Nez, la revue olfactive qui embellit le monde

Posted the 20 Jun 2016 in 20 Jun 2016 in Billets

Nez, la revue olfactive qui embellit le monde

J’ai longtemps lu énormément de revues, pour le plaisir, pour apprendre, pour les séries modes. Et puis petit à petit je m’y suis moins retrouvée, ne pouvant m’empêcher de voir beaucoup trop de liens entre les articles et les pages de pub. Oui, il faut des annonceurs et ça fait parti du jeu, mais quand l’équilibre est précaire et le dossier de presse trop visible, le contenu s’appauvrit.

Quand j’ai lu un entrefilet sur la sortie de Nez, je me suis précipitée et l’ai trouvé dans une librairie. Eh bien je n’ai pas été déçue.

Nez est né (ahah) de l’association d’auparfum.com et des éditions du Contrepoint. J’aime beaucoup ce site qui permet d’avoir des articles étayés sur la parfumerie avec politesse mais aussi un vrai sens critique.

Nez ne s’intéresse pas qu’au parfum, mais se revendique revue olfactive. On y parle aussi bien de l’hedione, molécule synthétique qui évoque le jasmin (mais pas seulement) que des souvenirs olfactifs de l’école. Cerise sur le gâteau une petite carte permet de retrouver le savon jaune ou l’encre du stylo plume (je suis restée sur ma faim pour la colle Cléopâtre).

©De fil en archive

Carte parfumée Nez prafums d'école ©De fil en archive

Carte parfumée Nez prafums d’école
©De fil en archive

Aragon truffe ses livres de références odorantes, pendant qu’Alain Passard crée des parfums avec ses recettes de légumes. Les sujets sont très variés et font appel aussi bien à des scientifiques qu’à des journalistes, des écrivains, des critiques d’art, des créateurs de parfum réunis autour de Jeanne Doré. Le nez se connecte à tellement d’univers.

Le parfum n’est pas oublié pour autant. L’avantage d’être indépendant c’est de pouvoir avoir une vraie critique. Etymologiquement la critique n’est pas seulement négative. Il y a tant de nouveautés mensuelles qu’il y a bien sûr une sélection permettant de jolies découvertes… ou pas.

Le basilic du monstre à la plante aromatique ©De fil en archive

On complète par des rubriques sur l’évolution du marché, un agenda complet et un glossaire.

J’ai pris énormément de plaisir à lire, et même relire certains articles. Et la pub ? En fait si peu d’annonces et tellement sélectives qu’elle redeviennent intéressantes !

J’ai aussi beaucoup aimé les illustrations qui sont complétées par quelques portraits pour les entretiens, et des séries élégantes et sans snobisme.

Je vais attendre avec impatience le n°2

 

Pour en savoir plus :

http://www.nez-larevue.fr/

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[Livre] L’histoire de la haute couture

Posted the 02 Jun 2015 in 02 Jun 2015 in Billets

[Livre] L’histoire de la haute couture

Lors d’une séance du Séminaire de l’histoire de la mode, j’ai eu la possibilité d’écouter Guénolée Milleret. Elle a travaillé comme archiviste chez Yves Saint Laurent et se consacre maintenant à la transmission, en donnant des cours, et à la recherche, en écrivant des livres. Elle est aussi une collectionneuse passionnée de mode.

Son dernier opus vient d’être publié. Il a pour thème la haute couture. Encore un livre sur la couture ? Pourriez-vous me rétorquer. Oui, mais pas uniquement. Dans son ouvrage, on trouve vraiment des informations et pas seulement des jolies photos. Divisé en grandes périodes, jusqu’en 2015, ce livre retrace la naissance de la couture qui s’appuie sur le savoir-faire qui l’a précédée. On découvre que  les ouvrières luttent dès 1675 pour se faire reconnaître comme corporation indépendamment des tailleurs. On apprend de nouvelles expressions comme les “lapins de couloir”, le rôle des merciers du Palais Royal, ou la personnalité de la fameuse Rose Bertin qui devient marchande de mode à la fin du 18e siècle.

Si Worth est bien connu pour son rôle dans l’élaboration même de la couture, l’auteur raconte la manière dont il a remis à la mode les motifs un peu oubliés des soyeux lyonnais, réveillant ainsi les industries textiles. Etre mannequin était alors un métier assez ingrat, loin de l’image glamour des années 90.

L’arrivée des femmes

L’auteur propose un portrait croisé de Jeanne Lanvin et de Gabrielle Chanel, deux femmes avec deux manières différentes de faire grandir leur maison de couture. La chambre syndicale, l’avènement des défilés dont le nombre de modèles est très encadré, le rôle de Lucien Lelong, les règles régissant ce métier, tout est passant en revue. Même le comportement des petites mains quand elles partent en vacances organisées par Mademoiselle Chanel.

 ©Patrimoine Lanvin

©Patrimoine Lanvin

Lors de ces recherches, Guénolée Milleret a fait une jolie découverte en retrouvant des négatifs non développés dans un fond photographique (Eugène Kammerman). Ces  photographies inédites donnent une autre vision, du premier défilé de Christian Dior en 1947 : une ambiance très calme, ainsi que des photos du backstage et des petites mains.

Le fléau de la contrefaçon est abordé et se pose déjà, bien avant la mondialisation.

Premier défilé Dior 1947 ©Eugène Kammerman/Rapho

Premier défilé Dior 1947 ©Eugène Kammerman/Rapho

 

De 1960 à 2015, la haute couture en question

 

La disparition progressive des maisons de couture, et l’avènement du prêt à porter pose régulièrement le problème de la persistance de cette industrie. Le livre fait le point sur les licences, les parfums, mais aussi le renouveau (encore) des métiers d’art et l’apparition de nouveaux talents comme Christian Lacroix. C’est aussi comprendre que  l’image de marque s’est quelquefois perdue dans les nombreuses licences (Cardin) et enfin la prise de conscience des maisons à changer de modèle et à se fédérer pour être plus solides.

 

Une dernière partie est consacrée au 21e siècle, aux rôles des grands groupes financiers et aux innovations. Chanel a par exemple racheté des entreprises de métiers d’art qui auraient disparu faute d’argent. Un défilé leur est dédié chaque année par la maison de couture, avec une inspiration fondée sur un pays et un lieu nouveau à chaque fois (par exemple l’Autriche en 2014). Les règles de la chambre syndicale ont évolué pour admettre une catégorie d’invités parmi les jeunes maisons. Aujourd’hui les maisons de mode sont obligées de prendre en compte l’aspect entrepreneurial de l’activité. Alexis Mabille ou Iris Van Herpen sont des exemples de réussites contemporaines.

©Pierro Biason -Alexis Mabille

©Pierro Biason -Alexis Mabille

« La haute couture ne s’enferme dans aucun postulat. Tradition et innovation reste les deux mots de la haute couture » G. Milleret

Le label haute couture reste synonyme d’excellence et la liberté de style est fondamentale.

Ce livre est riche et permet aux novices comme aux plus experts de mieux comprendre ce secteur adoré et décrié (et ça n’est pas spécifique à notre époque).

Haute couture de Guénolée Milleret, éditions Eyrolles

Photo à la une : Fourreau du soir en crêpe romain plissé, Grès, vers 1979. ©Photo Marc Tomasi pour l’étude Thierry de Maigret, Paris

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Pourquoi Dior et la photographie ?

Posted the 08 Sep 2014 in 08 Sep 2014 in Billets

Pourquoi Dior et la photographie ?

Granville c’est un peu loin en Normandie, mais il y a là-bas la maison d’enfance de Christian Dior. Transformée depuis plusieurs années en musée, la villa les Rhumbs accueille pour la saison une exposition sur les rapports étroits de la photo et la maison Dior.   Barbara Jeauffroy Mairet, commissaire associée a eu la gentillesse de nous raconter les coulisses de la préparation.

Pourquoi avoir choisi la photographie ?

Ce thème n’avait encore jamais été abordé dans nos expositions. Ca a été pour nous l’occasion de faire des recherches spécifiques : le fond Condé Nast, le fond du magazine Elle, des recherches au musée des arts décoratifs et au musée Galliera.

Nous avons procédé à un dépouillement systématique (pour le magazine Elle jusqu’en 1964). Cela nous a permis de faire de jolies découvertes.

La photo est-elle abordée uniquement sur la période Christian Dior ?

Non, la photo est prise en compte pour la vie de la maison Dior, de son fondateur à Raf Simons. Les photographes présentés sont entre autre Irving Penn, Horst, Sarah Moon mais aussi Patrick Demarchelier et Inez van Lamsveerde Vinooh Matadin qui sont très présents aujourd’hui dans la maison Dior.

Inez van Lamsweerde et Vinoodh Matadin, 2012. Dans la galerie des Glaces du château de Versailles, robe de la collection Prêt-à-Porter automne 2012. © Inez van Lamsweerde et Vinoodh Matadin.

Inez van Lamsweerde et Vinoodh Matadin, 2012.
Dans la galerie des Glaces du château de Versailles, robe de la collection Prêt-à-Porter automne 2012. © Inez van Lamsweerde et Vinoodh Matadin.

Dominique Isserman nous a accordé une interview. Ses tirages présentés à Granville sont d’une qualité exceptionnelle. Elle en a supervisé l’exécution et cela procure beaucoup d‘émotions en observant ses photos.   C’est une démarche que nous avons privilégiée : avoir le maximum de tirages originaux et validés par le photographe quand cela était possible.

La photo est un art et le tirage est primordial.

Nous avons eu pour l’exposition le prêt d’un tirage original de Peter Knapp par le musée Nicéphore Nièpce de Châlon sur Saône.

 

 

Il y a t’il une photo mythique de présentée dans l’exposition ?

  Oui, la fondation Pierre Bergé YSL nous a prêté la photo « Dovima et les éléphants » de Richard Avedon qui date de 1955. Christian Dior était encore vivant mais il est avéré que la robe de la photo « Soirée Paris » a été créée par Yves Saint-Laurent. Cette photo a été fprise pour le Harper’s Bazaar. Le tirage présenté a vraisemblablement été offert à Saint Laurent par Avedon lui même. C’est encore plus émouvant. Pour l’occasion nous avons rencontré Emilien Bouglione qui se souvient de la séance photo. Les éléphants étaient ceux du cirque Bouglione (Article à retrouver dans le catalogue de l’exposition)

Photo extraite du catalogue de l'exposition Dovima et les éléphants- Ricahrd Avedon (c)defilenarchive.com

Photo extraite du catalogue de l’exposition
Dovima et les éléphants- Richard Avedon ©defilenarchive.com

 

 

Comment s’est fait le choix des robes présentées au musée ?

  200 tirages photographiques sont présentés dans l’exposition et 60 robes issues de ces photos sont exposées ce qui est formidable.   L’exposition s’articule en plusieurs thèmes. Au rez-de-chaussée on retrouve les photos mythiques de la maison Dior avec entre autre la célèbre composition de Loomis Dean qui montre les mannequins sur un escabeau. La scénographie met les vêtements en résonance avec les tirages photos. Par exemple pour cette photo, les robes sont présentées dans la même position.

Il y a cette année un très gros travail de scénographie avec un nouveau partenaire, l’agence Alighieri. Beaucoup de nouveautés muséographiques avec des blocs vitrines remodelés qui incluent un vrai sol technique.

Toutes les parties de la maison ont été reprises, en particulier le bureau du père de Christian Dior.   Une salle tendue de toile de Jouy rappelle la boutique Colifichets de 1947, et montre des photos ayant trait au voyage.   Il y a aussi d’autres tableaux : De Paris à Versailles pour les thèmes en extérieurs ou encore le cycle d’une journée. Les vêtements répondent aux photos. La couleur est utilisée de manière monobloc.

Norman Parkinson, 1950. Robe Mozart, collection Haute Couture printemps-été 1950, ligne Verticale. © Copyright Norman Parkinson Ltd/Courtesy Norman Parkinson Archive

Norman Parkinson, 1950.
Robe Mozart, collection Haute Couture printemps-été 1950, ligne Verticale. © Copyright Norman Parkinson Ltd/Courtesy Norman Parkinson Archive

  Au dernier étage c’est le photographe photographié avec le mannequin Bettina portant la robe « Grand Mogol » sur la place de la Concorde.   La dernière pièce restitue le bureau d’une rédactrice en chef et montre à la fois le travail de stylisme avec les robes sur un portant et le travail de photographie qui est fait dans les magazines, en montrant comment l’image peut être modifiée, retravaillée. Cette pièce toute rose est très ludique. Elle présente aussi un all over de couverture de magazine de photos de Dior, comme un jeu dans l’exposition.   A noter le beau catalogue, véritable complément de l’exposition.

Henry Clarke, 1956. Chapeau du modèle Raout, collection Haute Couture printemps-été 1956, ligne Flèche. © Henry Clarke/Galliera/Roger-Viollet, © Henry Clarke, Musée Galliera/Adagp, Paris 2014.

Henry Clarke, 1956.
Chapeau du modèle Raout, collection Haute Couture printemps-été 1956, ligne Flèche. © Henry Clarke/Galliera/Roger-Viollet,
© Henry Clarke, Musée Galliera/Adagp, Paris 2014.

“Dior, images de légende”

http://www.musee-dior-granville.com/ jusqu’au 21 Septembre 2014

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[Livres] François Garde, un auteur qui aime les archives

Posted the 05 May 2014 in 05 May 2014 in Billets

[Livres] François Garde, un auteur qui aime les archives

En lecture je suis un peu monomaniaque. Quand je découvre un écrivain et que le premier livre me plait, je lis tout ce que je peux trouver. Avec François Garde c’est d’abord la couverture qui m’a attiré, ainsi que son titre.

Ce qu’il advint du sauvage blanc se lit d’une traite. L’intrigue met en scène l’histoire de Narcisse Pelletier, un marin débarqué sur une île et abandonné par erreur. Le thème est classique, le ton et la recherche de l’histoire beaucoup moins. Contrairement à Vendredi ou la vie sauvage, le héros se confronte à la nature hostile, aux us et coutumes rudes des individus qu’ils rencontrent. Pas de mythe du bon sauvage, mais un pied d’égalité et de désespoir très percutant. Le récit ne se cantonne pas à l’ile et c’est aussi sa force. Il n’oublie pas le scientifique qui est chargé de reconstituer le parcours de Narcisse.  Ce livre a reçu le prix Goncourt du premier roman.

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Le deuxième roman s’intitule Pour trois couronnes. Stylistiquement très agréable à lire, il invente un métier (pas si éloigné de De fil en archive…), curateur aux documents privés. Philippe Zafar est chargé de classer les documents laissés en plan par les défunts pour atténuer la peine des vivants, démêler l’important du secondaire, mettre à jour des pans méconnus de la vie des hommes…

Ecrit comme une enquête policière, confrontant le héros a des choix cornéliens dans une île (encore une) fraîchement pacifiée, Bourg Tapage. Ce livre renvoie au poids des actes individuels à une échelle nationale. L’écriture est très aboutie et j’espère qu’un prochain roman est en préparation…

Livres publiés chez Gallimard

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